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Le saigneur de la nuit
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Sephiroth
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MessagePosté le: Dim Juil 02, 2006 11:10 am    Sujet du message: Répondre en citant

toujours aussi génial !
faut croire que tu as enffin trouvé l'inspiration !
comme d'habitude, pas grand chose à redirer, vivement la suite !
_________________
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Morcar
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MessagePosté le: Jeu Juil 06, 2006 9:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Résumé : En 1184 CV, un jeune homme nommé Fréryn poursuit sans relâche l’assassin de sa fiancée, un elfe doré qui lui a dérobé une amulette puissante. Arrivé à Athkatla, il sauve un jeune garçon poursuivit par deux vampires.
En 1373 CV, un garde de Luskan nommé Arvis rencontre un elfe sauvage nommé Rahir, qui va pouvoir l’aider à retrouver la piste de son ami disparu nommé Selktar.


Chapitre 8 (avec la participation d'Elladan pour le combat de Rahir)

1184 CV

Après avoir pansé sa blessure, et dormi quelques heures dans une auberge des docks, Fréryn s’était remis debout très tôt pour retrouver l’homme qui devait le renseigner à propos de l’elfe doré qu’il poursuivait et qui avait été repéré dans la ville. Le soleil s’était levé, et commençait déjà à cogner un peu, dans cette région bien plus chaude que le Nord de Féérune, quand il remontait les docks pour se rendre à la Promenade de Waukyne, centre commercial de la ville, où il devait retrouver son informateur.
En remontant le quartier du port, il passa devant le Quartier Général des Ménestrel. En travers de la porte de celui-ci, deux planches de bois la barricadaient, signe de la Guerre qui opposait les membres de l’organisation depuis maintenant déjà deux ans. On aurait dit que le bâtiment était abandonné. Visiblement, les habitants du quartier ne se souciaient pas de ce qui se passait entre ces murs. Depuis deux ans, ils s’étaient habitués à voir cette bâtisse murée.
Après une longue marche, Fréryn arriva enfin à la Promenade de Waukyne. Elle était encore loin de ressembler à ce qu’elle allait devenir quelques deux cents ans plus tard, mais le nombre de commerçants qui y vendaient leurs produits étaient déjà ahurissant. On y trouvait principalement des produits de Féérune, mais également d’autres bien plus chers, venus de Kara-Tur ou Zakhara, les deux continents avec lesquels des routes de commerces avaient été ouvertes depuis un peu moins d’une centaine d’années. On n’avait pas encore découvert Maztica, qui plus tard allait permettre à de nombreux commerçants d’Athkatla de s’enrichir considérablement.
Fréryn admira tous ces produits plus ou moins locaux, et son regard fut captivé par une lame vendue pour quelques deux cent pièces d’or. Son pommeau était taillé dans un bois sublime, et gravé de symboles qui lui donnait un cachet exquis. Au bout de celui-ci, une lame effilée mais assez courte, lui donnait des airs de dague, mais cette arme semblait être différente. Fréryn interrogea alors le vendeur.

- Pouvez-vous me dire ce qu’est cette arme ?
- On appelle ça un Kukri, dit le commerçant. C’est une arme exotique semblable à une dague, mais comme vous pouvez le voir, sa lame est un peu courbée, et si vous la prenez dans les mains, vous verrez qu’elle est sensiblement plus lourde qu’une dague comme on a l’habitude de trouver par chez nous.


Fréryn soupesa l’arme et fut forcé de constater qu’effectivement elle était légèrement plus lourde, ce qui ne l’empêchait cependant pas de la manier aussi facilement qu’une dague. Alors qu’il l’avait en main, il en profita pour la regarder de plus près, et observa de petits signes gravés le long du fil de la lame.

- Les habitants de Kara-Tur aiment décorer leurs armes, dit le vendeur qui avait remarqué ce qu’observait le jeune homme.
- Je vois ça. Donc cette arme vient de Kara-Tur ?
- C’est cela. Vous intéresse-t-elle ?
- Elle m’intéresserait bien, mais je trouve son prix un peu élevé pour une arme de petite taille.
- C’est une arme assez rare à trouver vous savez !
- Peut-être, mais de là à monter à ce prix. Je vous en donne cent cinquante pièces d’or.


Le commerçant fit une grimace. Selon lui, ce Kukri valait bien les deux cent pièces d’or qu’il demandait. Il resta à réfléchir un moment, observa Fréryn, puis voyant sans doute que le jeune homme ne décrocherait pas de son idée, il lui fit une autre proposition.

- Je vous la fais à cent soixante quinze pièces. Est-ce que ça vous va ?
- Va pour cent soixante quinze.


Une fois l’échange fait, l’acheteur s’en alla ravi de son acquisition. Alors qu’il s’écartait de l’échoppe du commerçant, il remarqua un jeune garçon qui discrètement dérobait une pomme sur l’étalage d’un vendeur assailli par plusieurs femmes qui remplissaient leurs paniers. Sans rien dire, il l’observa en pensant à Ladril, qu’il avait laissé la veille au soir, mais qu’il devait retrouver le soir même dans l’auberge où il avait passé la nuit.

Plus loin sur la place du marché, Fréryne aperçut l’auberge du Bon Repos où il avait rendez-vous. En entrant, il fut immédiatement accablé par l’état du bâtiment. Tout était en piteux état à l’intérieur. Les bois étaient quasiment pourris tandis que la pierre était encore couverte de mousse par endroit.
En se renseignant plus tard, le jeune homme apprit que le propriétaire avait racheté le bâtiment délabré à un prix plus qu’intéressant, et avait l’intention de rapidement le rénover pour en faire l’auberge la plus réputée de la Promenade. Pour le moment, il était loin du résultat voulu, et la seule manière qu’il avait d’attirer la clientèle était de proposer des prix très attractifs, bien plus bas que ceux de la concurrence. Seulement avec de tels prix, il allait mettre longtemps à mettre de côté de quoi faire les travaux qu’il souhaitait dans son échoppe. Il allait falloir bien du courage au commerçant pour avoir l’auberge de ses rêves. Pourtant, se doutait-il que son commerce deviendrait une auberge de haut standing quelques deux cents ans plus tard ?...
Pour le moment, Fréryn se moquait bien des projets du patron de l’auberge, et sa seule inquiétude était de retrouver cet homme qui devait le renseigner.

Eskas attendait depuis bientôt une heure dans ce bouge devant un verre qu’il n’avait pas osé toucher depuis qu’on le lui avait servi. Il aurait presque regretté d’avoir donné rendez-vous à son client dans cette auberge, mais c’était l’endroit le plus sûr pour discuter tranquillement sans craindre d’être écouté.
Quand il vit cet homme sombre entrer dans l’auberge, il devina de suite que ça devait être la personne qu’il attendait. La sueur perlait à son front, signe du manque d’habitude de ces températures pourtant parmi les plus basses de l’année dans cette région. Le regard perdu de l’individu prouvait qu’il entrait là pour la première fois, et qu’il était à la recherche de quelqu’un ou quelque chose. Lorsque son regard croisa celui d’Eskas, l’informateur eut un frisson. Aucune vie ne semblait animer ces yeux froids et vides dans lesquels il aurait presque pu lire un mot qui lui vint immédiatement à l’esprit : vengeance.
Il hésita un moment à faire signe au nouveau venu de s’approcher, puis pensa à la somme qui lui avait été promise en échange d’un simple renseignement.

Lorsque Fréryn aperçut Eskas, il ne perdit pas une seconde et traversa la pièce à pas rapide pour s’asseoir immédiatement à la table où était assis son informateur. Il préféra ne pas perdre de temps et lui poser la question directement :

- Où se trouve Istrior ?
- Doucement ! s’exclama Eskas. Montrez-moi d’abord l’or.


Le Luskanien sortit alors une bourse de sous sa cape sombre, dont il allait devoir songer à se débarrasser ici la couleur noir attirant trop la chaleur, et la posa sur la table. Eskas la soupesa pour évaluer à peu près ce qu’elle pouvait contenir.

- Inutile que je compte le total j’imagine. Je peux vous faire confiance.

Fréryn lui fit un sourire entendu puis le fixa de manière à lui faire comprendre qu’il attendait l’information pour laquelle il était venu jusqu’ici.

- Votre homme, ou devrais-je plutôt dire votre elfe, est parti avec une caravane il y a de ça trois jours.
- Comment ?! s’indigna le Luskanien en se levant, prêt à attraper l’informateur par la col de sa chemise.
- Hey ! Je ne pouvais pas le retenir ! Je l’ai suivi durant des jours, en attendant que vous arriviez, mais il a décidé de quitter Athkatla il y a trois jours.
- Savez-vous dans quelle direction il est parti ? demanda calmement Fréryn en se rasseyant.
- Evidemment. Aurais-je osé venir à votre rencontre pour vous dire que j’avais perdu la trace de cet elfe ? La caravane qu’il accompagnait partait vers le sud, et se rendait à Zazesspur.
- Je dois partir sur le champ, dit le jeune voyageur d’une voix sombre en se mettant debout sur ses jambes. Prenez cette bourse, et merci encore.


Au pas de course, il quitta l’auberge, abandonnant sur place celui qui venait de l’informer du départ de sa proie.

*

1373 CV

Mais comment vais-je faire pour entrer dans cet entrepôt ? Il est mieux gardé qu’une citadelle ! Deux gardes qui font des rondes autour, et des marins qui sans cesse entrent et sortent de ce foutu bâtiment !
Arvis aurait pu se décourager face à ce défi, mais sa détermination à retrouver la piste de Selktar, ou découvrir le triste sort qui lui avait été réservé le poussait à tenter le tout pour le tout. Deux hommes armés faisaient des rondes autour de l’entrepôt, ne laissant le champ libre autour de la porte du bâtiment que durant moins d’une minute, et les allées et venues incessantes des marins qui déchargeaient un navire ne facilitaient pas les choses.
Pourtant, il allait bien falloir qu’il trouve un moyen de pénétrer à l’intérieur. Le Ménestrel Rahir lui avait confié cette mission, et dans la construction se trouvait peut-être une piste le menant à son ami disparu. Le jeune homme se surprit même un moment à penser que l’archéologue qui s’était évanoui mystérieusement se trouvait peut-être là, enfermé contre son gré.
Une ouverture à deux mètres du sol aérait sans doute le grand hangar, mais Arvis n’arriverait jamais à l’atteindre pour entrer par cet endroit. La seule possibilité qui s’offrait à lui était la porte. Caché dans l’angle d’un bâtiment voisin, il observait donc, espérant trouver un moment dans cette nuit au ciel sans étoile durant lequel il aurait la possibilité d’entrer. Il comptait les marins qui entraient et sortaient, pour tenter de deviner combien étaient à l’extérieur et à l’intérieur à chaque instant. Au total, ils étaient quatre visiblement, à moins que d’autres ne restaient à l’intérieur.
Et puis soudain, Arvis s’aperçut que les quatre marins étaient sortis. Il jeta un œil vers les gardes qui faisaient la ronde de surveillance et remarqua qu’il avait le temps de se glisser jusqu’à la porte s’il le désirait. Logiquement, il ne devrait croiser aucun docker qui sortirait du hangar. Il tenta alors le tout pour le tout, sachant que c’était sans doute là sa seule chance.
Tymora semblait être avec lui, car il pu pénétrer dans l’entrepôt où il alla rapidement se cacher derrière un amas de caisses de bois. De là, il observa alors ce qui se passait à l’intérieur. Œil gardien, le faucon que Rahir lui avait confié, était entré sans bruit par la fenêtre qu’il avait remarqué de l’extérieur, et s’était posé sur son épaule. Depuis que l’animal l’accompagnait, il avait une sensation bizarre, comme si celui-ci voulait lui faire comprendre qu’il n’appréciait pas le fait d’être ainsi prêté comme un vulgaire objet. Il avait l’impression que le rapace le suivait par obligation.
Le bruit de la porte s’ouvrant attira alors l’attention du jeune garde de Luskan, et il vit deux des quatre dockers qui entraient à nouveau, chargés de la cargaison qu’ils déménageaient depuis quelques heures maintenant.
Il les suivit du regard, et aperçut alors plus loin un homme qui semblait diriger les opérations. Son visage lui disait quelque chose. Il avait l’impression de l’avoir déjà vu. Ce corps fin, ce turban qu’il portait sur la tête… Mais où avait-il bien pu déjà le rencontrer.
Et ce fut soudain comme une illumination ! Edgar ! Le garde du corps qui lui avait proposé ses services à l’auberge du Portail Béant où il logeait depuis son arrivée en ville ! Ainsi il avait été embauché par Zordän, le hasard faisait bien les choses.
Et tout à coup, un docker fit tomber une caisse dont le ventre éclata et qui vida son contenu sur le sol. Edgar Roitris bondit dans sa direction et se retint de ne pas frapper le maladroit.

- Mais bon sang ! Je vous ai dit de faire attention ! hurla-t-il avec sa voix fluette qui confirma à Arvis qu’il s’agissait bien de l’homme qu’il avait rencontré à l’auberge.
- Je m’excuse, monsieur, dit d’une petite voix le marin qui semblait craindre les remontrances du garde du corps.
- Vos excuses, vous savez ce que j’en fait ! Que dira mon patron si je lui dit que les marins que je devais surveiller ont brisé toute cette marchandise qu’il doit remettre à son commanditaire ?
- Je… je suis désolé, répéta bêtement l’homme qui était déjà à genou en train de ramasser ce qu’il avait renversé.


Ainsi ces marchandises semblaient devoir passer entre de nombreuses mains. Intéressant. Et ce fut alors qu’une autre personne arriva sur les lieux, le regard sombre. Une fois encore, Arvis ne put que reconnaître ce visage : c’était celui qu’il avait poursuivi il y avait de ça très peu de temps : Zordän.
Rahir ne s’était donc pas trompé sur cet entrepôt. Il fallait qu’il soit tenu au courant immédiatement. Arvis chuchota alors à Œil Gardien, en espérant qu’il comprenait ce qu’il disait :

- Va chercher ton maître ! Dis-lui que l’homme qu’on recherche est ici !

Il était assez mal à l’aise face à cet animal qui le comprenait et ne savait comment lui parler. D’un air dépité, le messager s’envola sans bruit, semblant peu motivé par la mission qui lui avait été confié et alla porter les paroles de son compagnon à son maître. Arvis était étonné par le comportement de l’animal. Lui qui avait toujours pensé que les animaux n’avait pas de sentiments ou autre ressentis, il lui semblait là presque voir une créature pourvu de tout ce que possédait les humains, mis à part le langage.

Il n’eut pas à attendre longtemps avant que Rahir n’arrive, une dizaine de minutes tout au plus. Le Ménestrel pénétra dans l’immeuble par la fenêtre. « Facile quand on a l’agilité d’un elfe » pensa Arvis. L’elfe des bois vint se poser près de lui, et lui demanda ce qui se passait.

- Zordän était là il n’y a pas cinq minutes. Il discutait avec cet homme que j’ai rencontré l’autre jour à la taverne : un homme de main qui effectue toutes sortes de travaux tant qu’on le paye.
- Et où est parti Zordän ?
- Je ne sais pas. Mais il semble que vous ne vous êtes pas trompé sur les marchandises qui circulent ici. Cette affaire semble louche.
- On ne voit pas grand-chose de là où nous sommes, dit Rahir. Avez-vous essayé de grimper sur ces caisses ?
- Non, fit le Luskanien avec un air idiot.
- Suivez-moi.


L’elfe vert comptait prendre l’adversaire par surprise en venant sur lui d’en haut, grâce à la pile de cargaison. Il commença son escalade agilement et silencieusement, suivit par son allié qui entamait lui aussi son ascension. Mais le Ménestrel avait oublié de prendre en compte un paramètre. Là où les caisses pouvaient supporter les soixante kilos d’un elfe, elles ne pouvaient pas résister au poids d’un homme sensiblement plus lourd. Aussi, quand il se mit debout sur une caisse, une planche céda sous son poids, et il bascula en arrière. Il tenta de s’accrocher à la une autre caisse pour éviter la chute, mais il l’emporta avec lui dans sa chute.
Le vacarme que fit Arvis en tombant sur le sol ne fut rien comparé à celui que firent les caissons de bois en s’écroulant sur lui. Surpris, l’elfe parvint cependant à se réceptionner tant bien que mal.
Alerté par ce bruit, Edgar accouru vers leur origine et dégaina une rapière effilée. Il ne s’attendit pas à voir atterrir devant lui un elfe à la peau brune qui avait bondit depuis l’amas de caisses qui se trouvait non loin de là. Déjà, les dockers s’enfuyaient, abandonnant sur place leur employeur.

Roitris réagissant au quart de tour, il lança la cape qu’il avait sur le dos au visage de Rahir qui venait à peine de se relever, puis se jeta sur sa première victime. L’elfe eût à peine le temps de se débarrasser de la cape avant d’esquiver l’estoc meurtrier, il en fut quitte pour une belle estafilade sur le flanc gauche. Le rôdeur s’éloigna d’une roulade arrière et se releva en dégainant le katana qu’il portait dans son dos et une longue dague. Arvis, miraculeusement indemne, restait coincé sous un monticule de caisse renversée et ne pût qu’observer la scène en tentant vainement de secourir Rahir. Les deux adversaires se tournèrent autour, un léger sourire aux lèvres apparut aux lèvres de Roitris quand il bondit et enchaîna feintes hautes, basses et estocs forçant l’elfe à lui céder du terrain. Il possédait une agilité extraordinaire, surnaturelle, pour un humain de son âge. Le ménestrel se reprit et passa à l’attaque, parant la lame de son adversaire avec sa dague tenue en main gauche, il effectua un demi-tour en rentrant dans la garde du duelliste et porta un revers de son katana qui aurait été fatal à sa cible, mais le fil aiguisé de la lame courbe ne mordit que l’air. Le garde du corps s’était mis hors de portée en une fraction de seconde.
D’abord surpris, le ménestrel tenta de refouler la colère qui montait en lui, son adversaire semblait intouchable. Les deux bretteurs reprirent leurs passes d’armes à un rythme effréné, Rahir enchaînant parades et acrobaties, Edgar tenant en respect les deux lames de Rahir avec sa seul rapière. Le flanc de l’elfe continuant de saigner, il devait mettre fin au combat le plus vite possible, mais Roitris ne laissait paraître aucun signe de faiblesse. Il jeta un coup d’oeil en direction de son compagnon toujours coincé. Son adversaire saisit cette courte opportunité pour repartir à la charge, visant le coeur. Esquivant l’attaque vers l’extérieur, Rahir changea de tactique. Il lâcha son katana et envoya son poing au visage de son adversaire tout en bloquant d’une clé le bras maniant la redoutable rapière, il enchaîna d’un coup de genoux dans les côtes et amena son adversaire au sol. Ce dernier semblait être maîtrisé, lâchant sa rapière, il toucha l’anneau passé à son majeur gauche et se volatilisa littéralement, réapparaissant à dix mètres de l’elfe qui se releva prestement d’une position plutôt ridicule.
Voilà donc comment le garde du corps avait réussi à éviter la première attaque de l’elfe. Les connaissances de Rahir étant très minces dans le domaine de la magie, il ne s’attendait pas à ce que son adversaire puisse posséder de tels objets. Mais désarmé, Roitris ne tiendrait pas longtemps fasse à la dague de Rahir, son sourire se volatilisa lui aussi, laissant place à une expression de frustration. Il remit en place son turban qui avait un peu glissé de son crâne.
L’elfe sauvage fit alors mine de retirer sa cape et lança une étoile métallique en direction de l’humain qui l’esquiva avec peine. Edgar sortit un petit poignard de sa botte et les deux bretteurs se préparèrent à bondir tel deux félins, quand un bruit d’épée dégainée retentit, Arvis Perlanthir, une lueur enflammée au fond des yeux, tendit son katana à Rahir et se mit en garde face au garde du corps. Le Luskanien semblait prèt à prendre la relève de Rahir qui soufflait de plus en plus fort, il n’eut pas le temps de porter sa première attaque que Roitris toucha une nouvelle fois son anneau et se volatilisa définitivement, laissant l’elfe et le garde seul dans l’entrepôt.

*

Rahir et Arvis restèrent hébétés au milieu du hangar, cherchant autour d’eux si le combattant s’apprêtait à les attaquer par surprise, mais visiblement, il avait déguerpi. En inspectant ainsi l’entrepôt, le Ménestrel remarqua une porte située au fond de celui-ci, derrière un empilement de coffres. Celle-ci, entrouverte, donnait sur un bureau. Si Zordän s’y trouvait, il n’avait pas pu s’en échapper sans que Rahir ne l’ait vu pendant le combat. L’elfe s’en approcha et la poussa avec précaution. Celle-ci s’ouvrit sur une petite pièce sombre qui sentait la bougie et la fumée d’une mèche venant à peine d’être éteinte. Il le percevait, il était près de sa proie. Soudain une ombre se glissa près de lui, tentant de s’échapper. D’un geste vif, Rahir se retourna et frappa l’arrière du crâne de l’ombre furtive avec le manche de l’une des ses armes.
L’homme s’écroula au sol dans un gargouillis ridicule et une fois que l’elfe l’eut traîné jusque dans le hangar éclairé, il pu se féliciter d’avoir capturé l’homme qu’il recherchait. Zordän Keltrac était à sa merci…


Dernière édition par Morcar le Jeu Juil 20, 2006 10:20 pm; édité 1 fois
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Elladan
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MessagePosté le: Ven Juil 07, 2006 6:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'aime toujours autant ta chronique. L'intrigue est intéressante et l'on attend avec impatience de connaitre le rapport entre les deux histoires. Il y a juste ce qu'il faut de descriptions (il faut que j'en prenne de la graine ^^) pour ne pas donner l'impression que l'histoire se traine ou bien que l'univers est baclé. J'attend la suite avec impatience Wink

PS : Félicitation pour le personnage secondaire, le ménestrel, très intéressant gob16 gob28
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Morcar
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MessagePosté le: Jeu Juil 20, 2006 10:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Résumé : En 1184 CV, un jeune homme nommé Fréryn poursuit sans relâche l’assassin de sa fiancée, un elfe doré qui lui a dérobé une amulette puissante. Arrivé à Athkatla, il apprend que celui-ci a quitté la ville en direction du sud avec une caravanne.
En 1373 CV, un garde de Luskan nommé Arvis, aidé d’un elfe sauvage Ménestrel capturent un homme qui pourrait l’aide à retrouvé son ami disparu.


Chapitre 9

1184 CV

La chaleur étouffante du Sud ne gênait en rien Istrior, qui accompagnait la caravane qui avait quitté Athkatla quelques jours auparavant. Les elfes dorés étaient habitués à vivre dans de tels climats, et lui avait déjà passé une partie de sa vie dans une région bien pire : le désert d’Anauroch, lorsqu’il recherchait l’amulette dans les cités Néthérisses enfouies.
La caravane marchande qu’il accompagnait se rendait Zazesspur, la ville où l’elfe devait retrouver une personne qui, il l’espérais, pourrait l’aider à trouver comment faire fonctionner l’artefact qu’il avait volé. Ils étaient trois « soldats », ainsi recrutés pour protéger le convoi, deux humains et lui-même. Ses employeurs, des marchands ambulants du Téthyr, étaient montés jusqu’à Athkatla pour y acheter divers produits rares, qu’ils revendraient une fortune dans leur ville. Pour protéger leur chargement, ils n’avaient pas hésité à mettre le prix, ce qui prouvait l’enrichissement qu’ils devaient se faire avec un tel commerce.
La route allait être longue pour redescendre jusqu’à Zazesspur. Le groupe avait déjà traversé la rivière Esmel, et apercevait au loin la forêt de Wealdath. Le chef du groupe de marchands s’approcha doucement d’Istrior et s’adressa à lui :

- Dites-en moi plus sur vous, Tirotis. Je ne vous avais encore jamais vu dans la région d’Athkatla alors que je connais quasiment tous les hommes de votre genre par ici.

Comme à son habitude quand il ne souhaitait pas être retrouvé, Istrior avait utilisé une anagramme de son prénom en se présentant. Il aurait aussi bien pu inventer un prénom n’ayant rien à avoir avec le sien, mais ainsi, il avait l’impression de perdre son identité. Tandis qu’en créant un autre prénom, avec les mêmes lettres que celles du sien, il n’avait pas cette impression, et il ressentait également un certain plaisir à ainsi berner certains benêts.
Et depuis quelques temps, il préférait se faire discrets. Non pas qu’il avait un milice sur le dos, ni les Ménestrels qui avaient bien mieux à faire avec la guerre qui se déroulait dans leurs propres murs, que de s’occuper d’un cas comme le sien, mais parce que ce foutu garde de Luskan était toujours à ses trousses.
Voilà deux ans qu’il ne s’en débarrassait pas. Partout où il passait, Fréryn était derrière lui. Il avait réussi à garder une bonne longueur d’avance pendant un long moment, mais depuis peu le Luskanien s’était rapproché. L’elfe doré n’avait pas peur d’un simple humain, mais celui-ci semblait conduit par une rage de vengeance qui lui faisait perdre toute lucidité. Et tout ça à cause d’une femme ! Voilà pourquoi Istrior n’avait jamais souhaité s’encombrer d’une femelle, surtout dans son métier.

- Alors, Tirotis, vous ne voulez pas me répondre ?
- Euh… Si, fit l’elfe en revenant sur terre. Que voulez-vous savoir ?


*

Ladril n’avait pas compris grand-chose à ce que Fréryn lui avait raconté à son retour de son rendez-vous. La seule chose qu’il avait notée, c’est que l’homme au regard sombre qui lui avait sauvé la vie peu de temps auparavant lui avait demandé de lui trouver un cheval au plus vite.
Le voleur connaissait parfaitement la ville, et lui avait rapidement trouvé deux destriers. Deux, car il voulait l’accompagner, quel que soit l’endroit où il irait. Il serait allé n’importe où, du moment qu’il s’éloignait d’Athkatla et des vampires qui étaient à ses trousses. Fréryn avait accepté que le garçon l’accompagne, sans penser un instant aux autres risques qu’il lui ferait courir. Car en poursuivant un être comme Istrior Linusvral, on mettait forcément sa vie en danger.
Lorsqu’ils passèrent les portes de la ville, la nuit commençait à tomber, mais Fréryn n’avait aucune envie d’attendre le lendemain matin pour entamer sa poursuite, et Ladril n’était pas non plus mécontent de s’en aller avant que ne débute cette période de la journée propice aux vampires pour se déplacer comme bon leur semble partout où ils le souhaitaient. Ils chevauchèrent pendant plus de quatre heures, avant de s’arrêter éreintés, forcés à faire une courte sieste avant de reprendre la route.

- Qu’a fait ce criminel ? osa demander le garçon à son nouveau compagnon de route.
- La liste de ses crimes est bien trop longues, siffla Fréryn entre ses dents.
- Je veux bien le croire, mais que t’a-t-il fait en particulier pour mériter une pareille chasse ?


Le garde de Luskan tira brusquement sur les rênes de son canasson qui se cabra, et s’arrêta sur place, jetant un regard rempli de haine à Ladril qui arrêta également son étalon en se demandant ce qui avait bien pu stopper ainsi son collègue.
La façon avec laquelle Fréryn le fixa lui fit froid dans le dos. Il cru un moment que ce dernier allait lui sauter au cou et lui trancher la gorge sur place, pour avoir eut le malheur d’avoir posé la question qu’il ne fallait pas. Les quelques minutes qui se déroulèrent parurent longues au jeune voleur, qui n’osait pas relever les yeux tandis qu’il sentait toujours sur lui ce regard rempli de reproches.
Il finit par s’excuser, afin de débloquer la situation.

- Je ne voulais pas te froisser, Fréryn. Désolé…
- Alors s’il te plait, n’aborde plus jamais ce sujet ! fit le Luskanien en se retenant de hurler de rage. J’ai accepté de te prendre avec moi, mais je n’ai aucunement l’intention de te raconter ma vie. Si jamais tu oses ne serait-ce qu’une seule fois reparler de ceci, tu pourras continuer ta route seul…


Sur ces derniers mots, il relança son cheval d’abord au trot, pour laisser le temps à son compagnon de reprendre ses esprits, puis au galop pour rattraper le plus rapidement possible celui qu’il poursuivait.

*

La caravane avançait à une allure convenable, et devait arriver dans les temps à bon port. Le cheval qui tirait celle-ci semblait coutumier de la route, et du rythme soutenu de la marche de ses propriétaires. Pas une seule fois, Istrior ne l’entendit se plaindre.
Le cortège se trouvait en plein cœur des petites dents, cette petite chaîne de montagnes anciennes qui prenaient racine au bord de la mer des Epées et rejoignait le Lac d’Esmel. Une route commerciale avait été ouverte, passant à travers ces pics, était très praticable. L’usure du temps avait émoussé leur sommet, et le passage régulier de caravanes avait bien aplani le passage par lequel elles avaient toutes pris l’habitude de passer.
Derrière ces montagnes se trouvait la forêt de La Wealdath qui permettrait aux voyageurs de faire un peu de route à l’ombre des arbres.
Onguis et Willius, les deux humains embauchés comme Istrior pour protéger le convoi jusqu’à son arrivée, se trouvaient de part et d’autres de la charrette, tandis que l’elfe la suivait de près. Dirigeant celle-ci, un gnome assez âgé tenait les brides du cheval qui tirait l’attelage, tandis que sur chaque côté de l’animal marchait un humain du groupe de commerçant. A droite, le chef du groupe, à qui Tirotis, ou plutôt Istrior, avait du raconter quantité de mensonges, s’inventant une vie pour combler la curiosité de celui-ci, et à gauche, son frère : sa jambe raide le forçait à avoir une démarche étrange, mais ne semblait pas du tout le gêner malgré le rythme soutenu de la marche du groupe.

Lorsque Istrior entendit le galop d’un cheval derrière lui, il eut juste le temps de se retourner pour éviter le coup d’épée qui lui était destiné.

- On nous attaque ! hurla Willius, dégainant immédiatement une rapière.

Il n’eut pas le temps de la lever, car l’épée de l’assaillant lui trancha immédiatement la gorge, et il s’écroula sur le sol.
Le cheval qui ouvrait la marche de la caravane hennit en entendant ces cris autour de lui. Le chef du groupe tenta de le calmer en attrapant les rênes que le gnome avait lâchées par inadvertance. Si l’animal se cabrait, il risquait de retourner la charrette et de mettre par terre toute la marchandise de prix qui se trouvait à l’intérieur.
Istrior n’eut pas besoin d’un long moment pour reconnaître celui qui les attaquait. Ainsi Fréryn l’avait retrouvé, et osait aller jusqu’à tuer un innocent pour assouvir sa soif de vengeance. Ayant fait demi-tour, l’ancien garde de Luskan, dont le regard croisa celui de l’elfe qui avait ruiné sa vie, revint à la charge. L’elfe bondit derrière l’attelage, et en se retournant, il aperçut un garçon en retrait, perché sur un autre cheval, qui s’approchait au galop. Etait-il ici pour aider les marchands ou bien pour soutenir Fréryn ?
Tandis que l’attaquant était occupé avec Onguis, l’autre garde du corps que les commerçant avait embauchés, l’elfe évalua la situation. S’il voulait s’échapper de là, il lui faudrait une monture. Or celle qui tirait la caravane n’était pas faite pour la course. Il ne restait donc plus que celle de son attaquant, ou celle de ce jeune garçon. Peu importe qu’il soit avec les marchands ou contre eux, il fallait qu’Istrior lui vole son étalon.
Onguis avait saisit une lance à l’arrière du chariot, et tentait d’en profiter pour blesser Fréryn tandis que ce dernier ne pouvait pas s’approcher assez de lui pour l’attaquer avec son épée. Alors que de sa main droite il repoussait la lance avec son arme de prédilection, l’ancien garde se pencha pour saisir dans sa botte le kukri qu’il avait acheté sur le marché de la place de Waukyne, et le lança dans la direction de celui qui osait se mettre en travers de son chemin.
La petite lame s’enfonça profondément dans la gorge de l’homme qui s’écroula dans un gargouillis ridicule. Fréryn regarda alors autour de lui, à la recherche de sa proie.

- Ne me tuez pas, s’il vous plait ! hurla le chef marchand en tombant à genou, croyant que l’homme sombre en avait après ses marchandises. Je vous laisse tous mes produits, mais par pitié, ne me tuez pas.

Fréryn l’ignora et le contourna, pour passer de l’autre côté du chariot où il espérait trouver celui pour qui il était là. Il ne vit pas le boiteux qui, sortant une dague de sous sa chemise, se lança sur le brigand pour l’attaquer. Le Luskanien réagit juste à temps et tout en se retournant, saisit le poignet de celui qui venait de l’attaquer pour le lui tordre. Tandis que le boiteux hurlait en entendant les os de sa main craquer, Fréryn saisit son arme et la lui planta dans l’œil avant de le lâcher, et de le laisser s’affaler par terre, inerte.
Le gnome était resté paralysé, assis sur le chariot, devant ce spectacle morbide. Il remuait les lèvres, mais aucun son n’en sortait. Fréryn passa alors de l’autre côté de la caravane et tomba sur Ladril, allongé au sol, se frottant le crâne. Le jeune garçon venait de retrouver ses esprits.

- Où est l’elfe ?! hurla son compagnon.
- Je ne sais pas. Je ne l’ai pas vu bondir vers moi. Il m’a fait tomber de mon cheval et a sans doute du s’enfuir avec.


Fréryn regarda autour de lui, ne vit personne et hurla de rage. L’elfe avait profité du paysage escarpé pour disparaître rapidement. Il descendit de son cheval, alla ramasser le kukri qui était resté planté dans le cou de sa victime duquel jaillissait un flot de sang, puis s’adressa à Ladril.

- Monte avec moi ! On repart tout de suite !

Le jeune voleur ne savait quoi faire. Il avait vu de loin son compagnon égorger ce garde d’un coup d’épée, et venait de le voir récupérer son arme qui en avait tué un autre. Il croisa un instant le regard du cavalier et frissonna en voyant briller pour la première fois une lueur au fond de ceci, une lueur qui en disait long sur ce qu’il ressentait à l’instant présent. Mais qu’avait-il d’autre à faire que de suivre celui qui l’avait sauvé ?
Alors que Fréryn allait s’en aller sans lui, n’ayant pas le temps d’attendre qu’il se décide, Ladril grimpa derrière lui sur son étalon, et les deux hommes abandonnèrent là la caravane, le gnome paralysée, et le chef marchand qui pleurait à genoux, près du corps de son frère.

*

Durant toute la route, à dos de cheval, se tenant à Fréryn, Ladril s’interrogea. Mais quel était donc cet homme qui lui avait sauvé la vie et qui venait de tuer trois autres personnes, visiblement innocentes ? Pour quelle raison poursuivait-il cet elfe doré ? Ladril se demanda même s’il n’accompagnait pas un bandit, un assassin, ou quelque criminel du genre.
Ce regard sombre, ce visage sans expression, semblait montrer que Fréryn ne ressentait plus rien. Quel type de personne pouvait ainsi ne plus rien ressentir à part le pire des criminels ?
Le paysage de montagne se déroulait sous les yeux du jeune voleur, évadé d’Athkatla pour fuir des vampires, les remplaçant par un compagnon tueur. Il remarqua qu’ils descendaient depuis un moment. Sans doute étaient-ils désormais de l’autre côté de la chaîne des Petites Dents. Un moment, il songea aux marchands qui étaient restés seuls, derrière eux, proie facile pour le premier bandit qui passerait par là.
Et puis Ladril préféra ne plus penser à rien. Il regarda le paysage défiler, et observa le soleil qui se couchait à l’ouest. Une fois la nuit tombée, Fréryn arrêta son cheval et fit une pause. La fatigue avait eut raison de lui, et la faim lui brûlait le ventre. Ladril avait réussi à capturer un lapin qu’ils avaient fait cuire au dessus d’un feu entouré de pierres, et tandis qu’ils mangeaient, il osa reposer la question qui l’intriguait depuis sa rencontre avec le Luskanien d’une autre manière que la fois précédente :


- Fréryn, as-tu toujours été comme ça ?
- Comment ?
- Comme tu es là, froid et sombre…


Le regard que lui lança son compagnon de route en disait long sur son appréciation de cette remarque. Mais cette fois-ci, le jeune garçon tint bon et ne baissa pas les yeux. Il reprit même la conversation.

- Je veux savoir avec qui je fais route. A Athkatla, j’ai rencontré un homme qui m’a sauvé la vie en risquant la sienne, et aujourd’hui je découvre un tueur sanguinaire, qui massacre un groupe de marchands. J’ai le droit de m’interroger, ne crois-tu pas ?
- Sans doute… lâcha seulement l’homme sombre.
- Evidemment que j’en ai le droit, s’emporta Ladril. Et d’ailleurs, je ne continuerai pas la route avec toi si tu ne m’expliques pas ce que cet elfe t’a fait ! Pour quelle raison ta haine envers lui t’a poussé à t’en prendre ainsi à ces marchands.


Une fois encore, Fréryn fusilla son compagnon de route du regard, se demandant pourquoi il avait accepté qu’il l’accompagne. Il ne voulait plus faire route avec lui ! Très bien, il n’avait qu’à repartir à pied dès le lendemain matin, lui qui avait été assez idiot pour se faire voler son cheval !
Mais quelque chose poussa le jeune homme à tout raconter à son nouvel ami. Etait-ce pour se partager avec lui ce poids trop lourd qu’il portait depuis des années à présent, ou bien parce qu’il avait finalement jugé qu’effectivement, Ladril avait le droit de savoir pourquoi ils poursuivaient ainsi Istrior ?
Toujours est-il qu’au coin du feu, ce soir là, Fréryn raconta à son ami cette histoire qu’il n’avait plus jamais raconté depuis plus d’un an…

*

1373 CV

- Connaissez-vous un certain Selktar ? demanda Arvis à Zordän Keltrac, que Rahir, l’elfe Ménestrel avait ligoté sur un siège.

Cela faisait déjà douze fois qu’il lui posait ainsi la question, sans obtenir aucune réponse. Le brigand regardait le jeune homme d’un air moqueur et plein de mépris. Arvis voyait bien dans son regard que le nom de son ami n’était pas inconnu du brigand, si bien que le silence de ce dernier était encore plus lourd à supporter.
Dans un coin de la pièce, Rahir se tenait à l’écart de la conversation. Il avait décidé de laisser Arvis interroger dans un premier temps leur otage sur les questions qui l’intéressaient, puis, quand le Luskanien serait parti, il aurait tout le temps et le loisir qu’il voudrait pour passer à son interrogatoire.
Mais le silence de Zordän l’agaça autant qu’Arvis, et il bondit sur le captif, lui attrapa les épaules et lui hurla au visage :

- On t’a posé une question ! Vas-tu répondre ?

Les mains de l’elfe serraient de toute leur force les épaules de l’humain qu’il détenait et qui grimaça sous le coup de la douleur. Le Ménestrel ne lâche pas sa prise et serra encore plus fort, mais le brigand tenait bon. Il avait décidé de se taire, de ne rien dire, surtout pas à des Ménestrels.
De rage, Rahir le poussa en arrière, faisant basculer son siège qui s’écroula le dos au sol, puis repartit dans l’angle d’où il avait suivi toute la conversation depuis le début. Zordän croyait en avoir fini avec l’elfe, mais ce dernier revint avec une dague à la main, remit le siège debout, sous les yeux médusés d’Arvis, et approcha son arme de la main du brigand.

- Quelle douleur crois-tu que cela fasse de sentir une pointe comme celle-ci s’enfoncer dans le bout de son doigt ? demanda le Ménestrel, le regard rempli de colère.

Arvis faillit crier à son compagnon de ne pas faire ceci, mais resta muet sans comprendre pourquoi. Il n’imaginait pas ainsi les Ménestrels, à moins que cet elfe ne jouait la comédie… Le jeune garde de Luskan pu se rendre compte que nom, lorsqu’il vit Zordän serrer les dents, au moment où la pointe de la dague de son interrogateur piqua le bout de son pouce droit, laissant quelques gouttes de sang perler, glisser sur un centimètre le long de la lame effilée, et s’écraser sur le sol.
Rahir retira alors son arme, et s’attaqua au doigt suivant. Cette fois-ci, le brigand ne pu retenir un hurlement, sentant comme si une aiguille lui traversait tout le doigt. Devant le silence de Zordän, Rahir s’apprêta à s’en prendre au troisième doigt, quand le bandit se décida à parler. A deux mètres de là, Arvis soupira en entendant ceci, soulagé de ne pas devoir continuer d’assister à ce spectacle.

- Oui, je connais son nom ! Que lui voulez-vous ?
- Je veux le retrouver, dit Arvis tandis que Rahir s’écartait pour nettoyer sa dague.
- Le retrouver ?
- Oui, Selktar est mon ami, et il a disparu. Je suis à sa recherche et vous êtes ma seule piste. Comment l’avez-vous connu ?
- Votre ami m’a vendu plusieurs objets de valeur, avoua Zordän Keltrac en grimaçant encore tandis qu’il était dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit pour calmer la douleur qui traversait sa main. C’est ainsi que je l’ai connu.
- Savez-vous où il est allé ?
- Pas exactement.


Arvis soupira. Un cul-de-sac, voilà comment se terminait sa seule piste : un cul-de-sac.

- Mais je sais qu’il était à la recherche d’un objet… une amulette je crois. Il avait besoin de beaucoup d’argent, pour payer une personne qui avait un renseignement à lui vendre, et qu’il devait retrouver à Port-au-crâne.

Port-au-crâne, le sombre jumeau d’Eauprofonde ! Cette cité souterraine où d’après les légendes règnent folie et chaos sous la Cité des Splendeurs !

- Comment se nommait cet informateur ?
- Ah ! Ah ! Ah ! Je suis sensé le savoir ? ricana le bandit. Mais lorsqu’il vit le Ménestrel s’approcher de nouveau, son rire s’étouffa. Je peux seulement vous dire qu’il devait le retrouver à bord d’un bateau, le Sombre Etalon. C’était un pauvre gars qui raconte qu’il descend d’une famille de nobles.
- Pouvez-vous me dire autre chose ?
- Désolé, c’est tout ce que je sais, et estimez-vous en heureux, car c’est déjà bien assez je pense.


Arvis regarda dans la direction de Rahir, puis se retourna pour quitter la pièce. Alors qu’il allait s’en aller, le Ménestrel s’approcha de lui.

- Que comptes-tu faire à présent ?
- Suivre la piste qu’il m’a donnée, dit simplement le Luskanien.
- Tu comptes aller à Port-au-crâne ?! Mais ne connais-tu pas la réputation de cette ville ?
- Bien sûr que si, mais ais-je le choix ? A quoi est-ce que ça aurait servi que je vienne jusque là si c’était pour abandonner maintenant ?
- Je comprends. Mais si je peux me permettre de te donner un conseil, n’y va pas seul. Trouves-toi quelqu’un pour t’accompagner. Les mercenaires ne manquent pas à Eauprofonde.
- Je le sais bien… dit Arvis en songeant déjà à quelqu’un.
- A bientôt peut-être, dit le Ménestrel en tendant une main amical vers son compagnon d’un moment.
- A bientôt, Rahir.


Alors qu’il fermait la porte derrière lui, Arvis eut juste le temps d’entendre une phrase prononcée par l’elfe sauvage : « Alors, à nous deux, Zordän ». Il abandonna ainsi cet étrange personnage qui allait sans doute poursuivre sa mission lui aussi, et qu’il ne reverrait sans doute jamais.
Mais déjà, le garde de Luskan savait ce qu’il avait à faire. Il savait où trouver une personne pour l’accompagner à Port-au-crâne : à l’auberge du Portail Béant…

*

Isabo de Arlin était le portrait type du noble déchu, portant des vêtements tentant de donner à son propriétaire une allure distinguée, mais qui à la fois rappelaient par leur crasse et leurs accrocs la maigreur de la bourse de ce dernier.
Toujours accompagné de son fidèle Walis, un gnome au visage ridé qu’il avait rencontré plusieurs années auparavant à Calimport, le jeune homme passait sa vie à rechercher son passé, ou plutôt celui de sa famille. Et cette quête l’avait mené jusqu’à Port-au-crâne.
Marchand au milieu des rues malfamées où l’on croisait pirates, voleurs et autres brigands à tous les coins de rues, le duo se rendait en direction de leur bâteau, le Sombre Etalon. Isabo l’avait acheté pour quelques pièces d’or. Il s’était fait rouler comme un idiot, pensant acheter un navire de haute mer, et se retrouvant finalement propriétaire d’une ridicule barque.

- Par Gond ! dit Walis. Cette puanteur qui règne ici m’écorchera toujours les narines !
- Une puanteur, dis-tu ? Je ne sens plus rien depuis des semaines, au point que je crains parfois que j’ai perdu mon odorat.
- Mais pourquoi ne s’en va-t-on pas de ce gourbi une fois pour toutes ?
- Je dois retrouver ce Selktar. Je suis sûr qu’il a quelque chose à apporter à mes recherches.
- Mais il a disparu depuis un moment maintenant. Crois-tu qu’il soit encore à Port-au-crâne ?
- Je l’espère. En tout cas cette personne qui doit nous retrouver à notre navire dit savoir où le trouver.


Le duo était enfin arrivé près de l’eau, et longeait déjà les docks en direction de la bite d’amarrage de leur esquif. Arrivé près de celle-ci, Isabo fut immédiatement abordé par un borgne qui quand il se présenta, s’averra être l’informateur qu’il devait rencontrer.
Quand le borgne posa son épée sur la gorge du noble déchu, lui demandant toute sa fortune, Isabo comprit qu’une fois encore, on s’était moqué de lui…
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Elladan
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MessagePosté le: Ven Juil 21, 2006 2:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'aime toujours autant, la transformation de Freryn est intéressante et assez inattendue. Mais je ne vois toujours pas le lien entre les deux histoires ^^ Vivement la réponse à toutes les questions qu'on se pose.
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MessagePosté le: Ven Juil 21, 2006 5:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ah ! Donc l'effet est réussit pour Fréryn, ça me rassure Laughing
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Morcar
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MessagePosté le: Dim Déc 17, 2006 11:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Résumé : En 1184 CV, Fréryn poursuit l’assassin de sa fiancée, accompagné d’un jeune garçon qu’il a sauvé à Athkatla avant de reprendre sa poursuite en direction de Zazesspur.
En 1373 CV, un garde de Luskan nommé Arvis, recherche son ami archéologue Selktar. La seule piste qu’il lui reste le mène tout droit à Port-au-crâne, la ville située sous Eauprofonde.


Chapitre 10

1184 CV

Zazesspur était un amalgame d’architecture et de culture téthyrienne, calishite et autres. Fréryn et Ladril arrivèrent en milieu de matinée à l’entrée nord de la ville. Ils abandonnèrent rapidement leur cheval pour se déplacer à pied, ce qui était bien moins encombrant et surtout bien moins repérable.
A présent que le jeune garçon connaissait l’histoire du garde de Luskan, il ressentait plutôt de la pitié pour lui. D’un côté, il comprenait cette haine qui le rongeait, mais d’un autre il le plaignait de ne plus avoir aucun autre objectif dans la vie que de tuer cet elfe. Après tout, ne serait-il pas mieux pour lui de tenter de reconstruire sa vie ? Car après avoir tué Istrior, que lui resterait-il ? La mort de l’elfe ne ferait pas pour autant revenir sa fiancée décédée, et lorsque Fréryn se rendra compte qu’il aura passé toute sa vie à pourchasser cet assassin, il sera trop tard pour construire autre chose.
Mais désirait-il au moins reconstruire une nouvelle vie ? Ladril en doutait.

Fréryn se renseigna aurpès d’un petit garçon à qui il remit une centaine de pièces d’or, pour savoir quelle personne serait la mieux qualifiée pour apporter son aide sur un artefact ancien. On lui avait alors indiqué l’adresse d’un brocanteur habitant dans la partie sur de la ville, en dessous du fleuve Sulduskoon. Zazesspur était découpée en deux parties par ce fleuve qui se vidait dans la mer à l’Ouest, la zone sud s’ouvrant sur la route qui se dirigeait vers le Calimshan. Cette proximité du Calimshan n’était pas que bénéfique pour la capitale du Téthyr, qui plus tard perdrait ce prestige pour laisser Darromar devenir la nouvelle métropole du royaume.
La façade de la boutique du brocanteur était très banale. Seule une enseigne en bois fixée au dessus de la porte la différenciait des habitations qui l’entouraient. Fréryn entra, accompagné de Ladril, pour trouver une boutique vide. Il attendit quelques instants, espérant que quelqu’un apparaîtrait, mais rien ne vint. Soudain, il crut entendre une voix, et demanda à son compagnon de ne plus bouger, de ne plus faire un bruit. Il s’approcha de la porte qui donnait sur l’arrière de la boutique, et tendit l’oreille.

- Il doit bien exister un moyen de faire fonctionner cette amulette ! disait Istrior, dont Fréryn ne reconnut pas la voix immédiatement, celle-ci était étouffée par la porte.
- Evidemment ! On ressent très bien le fait que cette amulette détienne un grand pouvoir. Celui-ci sommeille, voilà tout. Mais il existe obligatoirement un moyen pour le réveiller.
- Il faut absolument que tu trouves ce moyen très rapidement ! J’ai après moi un fou furieux qui me reproche la mort de sa fiancée, et je ne peux pas traîner ici.


Ainsi Fréryn avait visé juste en cherchant ce brocanteur. Il n’aurait pas espérer trouver l’elfe doré sur place, mais pensait avoir plusieurs chances d’obtenir des renseignements sur lui en questionnant le marchand.
Tymora était sans doute de son côté ce jour là, car une chance comme celle-ci ne se présenterait sans doute pas à lui plusieurs fois. Sans perdre un instant, il poussa alors violemment la porte qui le séparait de l’arrière boutique et bondit dans celle-ci, à la recherche de celui qui était la cause de tous ses maux.

Istrior n’en revint pas de voir celui qui le pourchassait depuis tant de temps ici. Quelle plaie ! Il ne pouvait pas rester plus de cinq minutes à un endroit sans qu’il ne lui tombe dessus.

- Qu’est-ce que c’est que ça ?! hurla le brocanteur. Voulez-vous bien sortir d’ici tout de suite ?
- Hors de question ! siffla Fréryn. Je ne sortirai que quand j’aurai tué cet elfe, et récupéré ce bijou qui ne lui appartient pas.
- Un bijou ! ricana Istrior. Tu ne sais même pas de quoi tu parles. Crois-tu vraiment que j’aurais pris tous ces risques pour un simple bijou ? Ta fiancée n’aurait jamais du être en sa possession. Je ne suis pas responsable de ce qui lui est arrivé.
- Tu es responsable ! Qui d’autre le serait sinon ?
- Elle-même ! dit l’elfe en tentant de raisonner son adversaire. En se promenant ainsi dans la rue, avec un objet aussi puissant autour du cou, c’était comme si elle appelait tous les bandits qui se trouvaient dans les parages.
- N’essayez pas de vous trouver des excuses, assassin. Il est grand temps que l’un de nous deux disparaisse !


Istrior se lança alors sur le côté dans une roulade, et retomba sur ses pieds, une dague dans chaque main, en une position défensive. Le brocanteur s’était poussé sur le côté, paralysée par ce qui se passait sous ses yeux, et le jeune Ladril observait la scène depuis la porte qui reliait la boutique à l’arrière boutique, sans rien pouvoir faire.
Sur un établi non loin de là était posé l’artefact. Fréryn bondit vers son adversaire en tentant une première attaque, qui fut contrée par l’une des dagues de l’elfe. Avec son autre arme, Istrior tenta une attaque au flanc gauche du Luskannien, mais celle-ci manqua sa cible, Fréryn s’étant reculé à temps. Il ne perdit pas un instant, espérant profiter de la position de faiblesse dans laquelle était son adversaire pour le blesser au bras, mais une fois encore son attaque fut contrée. La rage qui poussait le garde à enchaîner les attaques effrayait l’elfe doré qui tentait tant bien que mal d’arrêter toutes ses bottes.
Il lui était en plus difficile de deviner par avance ce qu’allait tenter Fréryn, car celui-ci ne semblait pas du tout préparer ses coups à l’avance. Il attaquait sous le coup de la colère, sans réfléchir, mais parvenait tout de même à garder une bonne défense empêchant son adversaire de tenter une quelconque attaque.
Une table vola en éclat sous le coup d’épée du Luskannien, au grand désespoir du propriétaire des lieux. Une dague siffla alors dans la direction de celui qui venait de réduire le meuble en deux morceaux, manquant de peu de lui trancher l’aorte, et alla se planter dans le mur qui se trouvait juste derrière lui. Le bijou qui se trouvait au centre de toute l’histoire était tombé à terre, et gisait au milieu des éclats de bois. Le regard de l’elfe était obsédé par l’objet qu’il voulait à tout prix récupérer avant de partir. Mais comment faire avec un adversaire comme celui-ci qui attaquait ainsi sans réfléchir.

Istrior avait le dos à la sortie, mais gardait à l’œil le jeune voleur qui pourrait avoir l’envie folle d’aider son compagnon en l’assommant lâchement.

- Tu veux ton bijou, dit-il alors à l’adresse de Fréryn. Prends-le.

Le garde de Luskan fut déstabilisé un instant. Ainsi ce criminel avait été jusqu’à tuer sa fiancée pour récupéré cet artefact, et voilà qu’aujourd’hui il était prêt à l’abandonner. A quoi tout ceci rimait-il ? Devant l’air éberlué de Fréryn, son adversaire lui donna quelques explications.

- J’ai attendu des années pour posséder cette amulette, je peux bien attendre quelques années de plus, ricana-t-il.
- Et pourquoi quelques années ?
- Tu n’es qu’un humain, pauvre type. Très rapidement, tu vas vieillir, puis mourir. Et ce jour là, je serai là pour venir récupérer ce qui m’appartient. En attendant, prends en bien soin.
- Je ne te ferai pas cette joie, fit Fréryn. Ne t’attends pas à te débarrasser de moi si facilement.
- Ah oui ? dit l’elfe en rigolant. Et que comptes-tu faire alors ?


Fréryn resta silencieux, ne sachant que répondre à cette créature qu’il haïssait plus que tout. Istrior bondit alors vers la sortie, bouscula Ladril qui était resté paralysée de peur d’être tué, et disparut dans la rue.
Fréryn courut à sa poursuite, mais à peine fut-il sur le pas de la porte de la boutique que l’individu avait disparu. Il entra alors de nouveau dans la brocante, où se trouvaient encore Ladril et le commerçants, tous les restés immobiles, et s’adressa au propriétaire des lieux en hurlant.

- Dites-moi comment je peux le retrouver !
- Je… je ne sais pas, bafouilla le brocanteur.
- SI ! Vous le savez ! Dites-le moi tout de suite où je vous tranche la gorge !
- Fréryn, qu’est-ce…
- Ne te mêle pas de ça, Ladril ! hurla le Lukannien en pointant sa lame vers le jeune garçon.


Puis se tournant de nouveau vers le brocanteur, il redemanda plus calmement.

- Dites-moi où le trouver, et vous aurez la vie sauve.
- Je… je vous dis que je ne sais pas.


Le vieil homme était recroquevillé contre le mur, le visage caché derrière ses mains, et sanglotait de peur. Il tremblait comme une feuille, et il sembla à Fréryn que la peur lui avait fait se pisser dessus.

- Cessez de pleurnicher ! hurla Fréryn plus fort encore. Et dites-moi où je peux trouver ce maudit elfe.

Le brocanteur ne répondant toujours pas, le garde l’attrapa par le col de son vêtement et le colla contre le mur. Il le força a baisser les mains afin de plonger son regard sombre dans le sien, espérant lui montrer ainsi sa détermination, et il lui posa une nouvelle fois la question, en gardant les mâchoires serrées et en hachant bien ses mots.

- Où… puis-je trouver… ce criminel.
- Je ne sais...


Le brocanteur ne termina pas sa phrase. Un trait rouge venait de se dessiner sur sa gorge, là où l’épée de Fréryn était passée, et un liquide épais s’en échappa. Il porta les mains à celle-ci en suffoquant, et s’écroula sur le sol, le regard effrayé.
Ladril avait assisté impuissant à la scène, et fut tout aussi effrayé que le pauvre homme qui gisait à présent inerte sur le sol, les vêtements maculés de sang. Il regarda sans bouger le Luskannien ramasser l’amulette qui était toujours par terre, et le suivit du regard alors qu’il s’approchait de lui. Il bégaya alors à l’adresse de Fréryn quelques mots pour le supplier de ne pas le tuer lui aussi.

- S’il te plait… Laisses-moi… Laisses-moi partir. Tu n’entendras plus parler de moi, et je ne raconterai à personne ce que j’ai vu.
- Ne te mets pas à ton tour à pleurnicher, dit Fréryn. Viens avec moi, nous avons de la route à faire.


Il ne laissa pas le jeune garçon broncher, ni donner son avis sur la question. Ladril viendrait avec lui, un point c’est tout.

*

1373 CV

La situation d’Arvis était étrange. Voilà pas si longtemps que ça, Edgar Roitris, l’homme qu’il avait rencontré au Portail Béant était son ennemi, et combattait Rahir dans cet entrepôt d’Eauprofonde, et à présent il était son employé. Il l’avait retrouvé assez rapidement, en faisant savoir qu’il souhaitait l’embaucher, et il lui avait proposé une petite somme en échange de ses services.
Il avait craint qu’Edgar ne refuse le contrat, le Luskannien n’ayant pas une fortune à lui offrir, mais contre toute attente il avait accepté immédiatement. Ils étaient alors descendus à Port-au-crâne, la sombre jumelle d’Eauprofonde, où Arvis espérait retrouver celui avec qui son ami Selktar avait eut rendez-vous il ne savait quand.

Arvis avait du payer plusieurs pièces d’or pour qu’on lui indique où trouver le Sombre Etalon. Quand il avait parlé du navire, il avait été étonné qu’on lui ri ainsi au nez. Qu’avait-il dit de si risible après tout ?
Alors que les deux hommes s’approchaient de l’endroit où devait se trouver l’objet de leurs recherches, ils aperçurent un gnome et un homme vêtus étrangement apparemment en très mauvaise posture.

- Cet homme, fit Arvis. Ne serait-il pas celui avec qui Selktar avait rendez-vous ?
- C’est toi qui sait, répondit Edgar en réajustant le turban posé sur ses oreilles.
- Attention Isabo ! hurla le gnome alors qu’un bandit l’attaquait.


La lame du brigand allait s’abattre sur le dandy quand une autre épée se mit en travers de son chemin, bloquant l’attaque. Le voyou se retourna alors vers celui qui venait de lui faire manquer sa cible, et lorsque son regard tomba sur Arvis, un sourire sadique se dessina sur son visage, découvrant une série de dents plus pourries les unes que les autres.
Que venait faire ce gamin, visiblement pas originaire du port sous-terrain, dans ce gourbi ? Ce n’était pas le problème du bandit, mais il allait se faire une joie de lui montrer comment on traitait ici les gens comme lui.
L’attaque qu’il porta au Luskannien fut facile à parer, mais celle que le compagnon du brigand, qui semblait lui aussi vouloir transmettre le message à Arvis, allait être bien plus compliquée à retenir. Edgar arriva à point nommé, bloquant cette attaque avec sa rapière.

- Il était temps, dit Arvis. Je me suis demandé tout à coup si finalement tu refusais mon contrat.
- J’ai hésité un instant, je l’avoue, dit en rigolant Edgar.


Les deux brigands revinrent à l’attaque, mais ils furent vite coupés dans leur élan. Le combat ne fut pas long. Les deux lourdaux attaquaient sans se soucier de leur défense, et il ne fut pas difficile, à Edgar comme à Arvis, de parer une de leurs attaques en profitant de la première faille à leur portée pour abattre les voyous.
On poussa ensuite leurs carcasses dans l’eau du port, où ils pourriraient tranquillement, et seraient mangés par les corbeaux qui nichaient dans la grotte.

- Merci beaucoup ! dit Isabo en s’approchant des deux combattants, accompagné de son ami gnome. Mon nom est Isabo de Arlin. Que puis-je faire pour vous aider ?
- Parlez-moi de Selktar, dit immédiatement Arvis pour couper court et éviter de contourner la question et de perdre du temps.
- Selktar ? Que lui voulez-vous ?
- C’est un très bon ami à moi, et il a visiblement disparu. J’ai rencontré un homme qui m’a dit que vous aviez rendez-vous avec lui. Est-ce vrai ?
- Oui, mais c’était il y a un moment. Nous devions le revoir également, mais il a effectivement disparu. Nous n’avons pas eut de nouvelles de lui depuis quelques temps maintenant.
- Que vous voulait-il ?
- Il avait trouvé des éléments en rapport avec ma famille.
- Votre famille ? Qu’est-ce que ça a à voir avec mon ami.
- Je ne sais pas trop. Mais peut-être que nous pourrions nous entraider. Visiblement, ce qu’il recherchait était lié à ce que je recherche moi.


Arvis était plutôt sceptique. Il ne comprenait rien à tout ceci. Son ami avait disparu alors qu’il était à la recherche d’une amulette. Et maintenant cet Isabo venait lui parler de sa famille. Qu’est-ce qui pouvait bien lier tout ceci.

- Que recherchez-vous à propos de votre famille ? demanda Arvis.
- Ma famille est une famille de nobles d’Amn. Mais elle a été déchue.
- Déchue ? Je ne comprends pas.
- Mon ancêtre vivait à Atkathla. Il était un riche noble de ce royaume, mais vivait seul depuis la mort de son épouse. Il avait un fils, qu’il avait envoyé dans un monastère pour étudier. Seulement cet ancêtre a été accusé de nombreux maux, on lui retira tout titre de noblesse et il perdit toutes ses richesses. Enfin, on le brûla sur la place de la ville, laissant son fils orphelin et sans plus aucune richesse.
- Je ne vois toujours pas le report avec mon ami.
- Je ne peux pas vous en dire plus, mais il avait tenu à me rencontrer, et il m’avait donné rendez-vous de nouveau à Port-au-crâne.
- Et n’avez-vous aucune idée de l’endroit où on pourrait le rechercher.
- Si ! Mais je n’ai pas assez d’argent pour m’acheter cette information.
- Peut-être en ai-je assez. Pourquoi nous faudrait-il de l’argent ?
- Parce que si Dame Wigreth est une très bonne informatrice, elle n’est pas du genre à donner ses renseignements gracieusement…
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Lanwar
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MessagePosté le: Lun Mai 05, 2008 6:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Si l'on ne parle pas de la philosophie ( qui est terrain miné ), l'heroic-fantaisy n'est il pas le genre que demande le plus le don de s'exprimer correctement. Ce genre littéraire dépend autant de l'histoire que de la maitrise de la langue, donc réussir à faire un aussi bon récit dans ce genre, dans une des langues qui rendent si belle la littérature et en soi un très bon commencement.

La preuve : Voltaire n'écrivait-il pas en français ?
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Lanwar
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MessagePosté le: Lun Mai 05, 2008 6:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je t'invite d'ailleurs à lire ma chronique : Psent, drow perdu dans les Abysses, pour que tu me donnes un conseil.
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Morcar
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MessagePosté le: Mer Mai 14, 2008 9:41 am    Sujet du message: Répondre en citant

Quel est le rapport avec mon chronique ? Very Happy

Merci bien de la faire remontée (surtout que contrairement à ce qu'on pourrait penser elle n'est pas abandonnée), mais je n'arrive pas à faire le lien entre tes messages et le sujet.
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Driwyvar92
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MessagePosté le: Jeu Jan 03, 2013 2:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Waw, je vien tout juste de terminé cette histoire fantastique et merveilleursement bien ecrite. C'est du super boulot. J'ai adoré l'histoire mais y a t-il une suite. Car cela est quand meme daté il y a pas mal de temps. Si il y en a d'autre envoyer jadore! Very Happy
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Morcar
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MessagePosté le: Ven Jan 04, 2013 8:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Oulah ! Ca fait un moment que j'ai écrit ça, en effet. Je n'avais même pas souvenir que j'en avais écrit autant de chapitres à l'époque ! Comme beaucoup de mes écrits, celui-ci a été laissé de côté en cours, et n'a jamais été terminé.
Depuis, je m'étais lancé dans l'écriture de la légende de "L'anneau de fournaise", et aujourd'hui si je me remet à l'écriture, ça sera d'abord sur cette légende que je me pencherai avant de me mettre à autre chose.
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