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Le Prix de la Loyauté

 
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Milil59
Ecuyer


Inscrit le: 09 Sep 2017
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MessagePosté le: Sam Nov 18, 2017 2:56 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

Ma fanfiction s'inspire du mélange romanesque de la trilogie des mystères, mêlant policier et fantasy, avec de l'espionnage en plus, et se déroulant dans différentes régions des Royaumes Oubliés, garantie sans drows et sans zhents, parce que les énièmes publications sur les elfes noirs de ces dernières années ont fini par me laser et je voulais écrire sur autre chose que sur Ombre Terre, Faerun laissant une certaine liberté d'écriture pour les auteurs en matière de complots et d'intrigues.
J'essaierais de publier aussi souvent que possible, ayant déjà écrit les quatre premiers chapitres de mon histoire, qui se divisera donc en quatre parties avec cinq chapitres chacune.
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Milil59
Ecuyer


Inscrit le: 09 Sep 2017
Messages: 34

MessagePosté le: Sam Nov 18, 2017 3:00 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

PREMIERE PARTIE : Le prix de la loyauté


PROLOGUE


3 Flamerule 1369 Année du Gantelet


La chaleur moite de ce début d’été emplissait la ville de Suldolphor et la sueur perlait à son front malgré l’arrivée du crépuscule porteur d’un souffle d’air frais.
Gellana Malaergost plus connue sous le nom d’Hazirina la belle demeurait assise sur le rebord de sa fenêtre, observant d’un œil attentif les allées et venues dans le Haut Quartier de Suldolphor, avec ses manoirs luxueux et ses temples.
En face d’elle se situait une fenêtre où on pouvait voir un couple de riche marchands calishites se disputer, sans doute à propos de ventes illégales comme il s’en déroulait souvent dans cette ville si riche en intrigues.
En effet, Suldolphor était située sur le détroit reliant la Mer étincelante et le Lac de vapeur, carrefour commercial entre Calimshan et les autres contrée de Faerun, ce qui favorisait les tractations douteuses qu’encourageaient les diverses guildes occultes de marchands, d’escrocs et de voleurs.
En raison de sa condition de prêtresse de Sharess, elle avait recueilli bien plus d’une fois des confidences involontaires d’amants sur son oreiller au cours de nuits follement agitées à propos d’opérations louches sur lesquelles les autorités politiques de la ville fermaient joyeusement les yeux, tout profit dont peut importait la nature étant bon à prendre, songea avec cynisme Gellana.
Elle commença à s’impatienter, se demandant si son visiteur avait oublié leur rendez-vous nocturne ou s’il s’était égaré dans les bras d’une autre suivante de Sharess, dont le temple où se trouvait sa chambre était volontiers peuplé à cette heure ci.
Gellana se glissa sur la courtepointe en satin de son lit envahi de coussins tandis qu’une odeur capiteuse de parfum flottait dans l’air tiède de sa chambre au décor certes un peu étouffant mais d’un confort non négligeable.
Au bout d’un moment qui lui parut trop long, elle entendit des coups frappés à sa porte et se releva nonchalamment de son sommier pour ouvrir la porte au bel éphèbe tant attendu.
-Entres, Hasrin, j’espère que tu ne t’es pas perdu en route auprès d’autres gentes demoiselles, lui murmura t-elle d’une voix envoutante aux inflexions chaleureuses.
Je t’ai rapporté le paquet dont nous étions convenus au solstice d’hiver dernier, j’espère que tu rencontreras une satisfaction au-delà de tes espérances, pour le mal que j’ai eu à me le procurer…
Disons que c’était vraiment pour te rendre service…
Heureusement, cette maudite marchande amnienne n’a pas trop fait de difficultés au regard du prix que j’ai du lui verser.
-Je te dois tous mes remerciements, ravissante Hazirina dit un jeune homme d’une voix rocailleuse dans la vingtaine environ avec une tête ornée de boucles sombres et un teint mât typique du Calimshan et tu pourras désormais voir en moi un zélé chevalier presque autant que peuvent l’être les chevaliers de Myth Drannor pour la cause du Bien.
-N’exagères pas, je ne te vois guère participer à leurs hauts faits ni intégrer les rangs de ces pathétiques ménestrels dont tu ridiculises si parfaitement le code de l’honneur.
Cependant, tes bonnes intentions parleront certainement pour toi et je suis sûre qu’ils t’intègreraient de bon cœur dans leur noble groupe lui souffla t-elle en le raillant gentiment.
-Je vois que tu n’as pas perdu ton sens de la répartie, en souhaitant que tu n’aies pas perdu celui d’ouvrir les plaisirs des sens si chers à ta déesse.
-Oh que non, et je te promets une nuit si inoubliable que tu ne pourras te détacher de la vue de ce temple au mépris de tes autres activités…

Plus tard dans la nuit, alors que les environs semblaient si calmes, une ombre se découpa dans l’obscurité sur le toit du temple de Sharess et se laissa glisser silencieusement dans la chambre de la victime désignée par son commanditaire.

Le lit était défait et la jeune prêtresse paraissait seule, il ne restait au demeurant nulle trace du jeune homme présent plusieurs heures auparavant.
Il claqua discrètement des doigts, signe du lancement de son sort de domination de l’esprit à l’encontre de cette femme par ailleurs très jolie, enviant presque l’amant venu plus tôt.
Gellana commença à gémir dans son sommeil, se sentant contrainte malgré elle à se réveiller.
Elle aurait voulu invectiver l’intrus ayant pénétré dans sa chambre mais le sortilège l’en empêchait.
Au lieu de cela, elle se vit comme dans un rêve s’asseoir dans un fauteuil et regarder de ses yeux ensommeillés l’individu en face d’elle.
-Tu croyais vraiment que ta traîtrise ne serait pas connue en haut lieu, n’est ce pas…
Mais tu vas regretter amèrement de ne pas avoir été plus discrète, espèce de petite idiote…
Il lui jeta un sort de paralysie et se déplaça derrière le fauteuil en garrotant fermement le coup de sa charmante victime, qui ne pouvait pas crier à son plus grand désespoir.
Une fois le travail fini, il fouilla partout dans la pièce à la recherche de l’objet recherché par son commanditaire, tira une moue dépitée, puis veilla à tout remettre en ordre afin que nul ne soupçonne le véritable but de sa visite et s’en retourna par le chemin qu’il avait emprunté.

Le lendemain matin, une servante affiliée au temple vint porter la collation quotidienne au chevet de la grande prêtresse du temple de Sharess quand elle découvrit cette dernière avachie sur un fauteuil les yeux écarquillés de terreur et ses beaux cheveux sombres emmêlés alors qu’ils étaient d’ordinaire soigneusement entretenus.
Un hurlement se fit entendre dans tout le temple tandis que de la vaisselle se brisa sur le sol.
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Milil59
Ecuyer


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MessagePosté le: Sam Nov 18, 2017 4:01 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

Je me suis aidée du site Gemmaline pour écrire mon histoire, très complet et abordant énormément de choses qu'on ne voit pas dans les romans, et c'est d'ailleurs de ce site que j'ai tiré la ville de Suldolphor.
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Fender
Disciple d'Alaundo
Disciple d'Alaundo


Inscrit le: 29 Nov 2008
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MessagePosté le: Sam Nov 18, 2017 7:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Très bonne entrée en matière. Tu as bien fait de t'appuyer sur Gemmaline, c'est d'une richesse surprenante!
_________________
Dans chaque cœur, à chaque printemps, il y a un vert différent.

Et bienvenu chez moi:
https://lesenfantsdeplatin.wordpress.com/
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Morcar
Ao


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MessagePosté le: Lun Nov 20, 2017 9:24 am    Sujet du message: Répondre en citant

C'est sympa de découvrir de nouveaux écrits sur le forum. Ça faisait longtemps ! Very Happy Belle entrée en matière, comme l'a dit Fender.
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Milil59
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Inscrit le: 09 Sep 2017
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MessagePosté le: Sam Nov 25, 2017 4:03 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

CHAPITRE PREMIER

Quand Kariya rencontre Rahina

4 Flamerule 1369 Année du Gantelet

Malgré un soleil déjà brûlant pour ce début de matinée, de nombreux calishites étaient déjà présents sur la place du marché de Suldolphor et on pouvait voir un marchand vantant la fraîcheur de ses épices et de ses vins, réputés selon lui pour être les meilleurs de toute la région, un autre présentant de jeunes esclaves à la musculature bien entretenue qui serviraient sans doute à enrichir le cheptel du gouverneur de la ville, mais ce qui pouvait frapper le regard d’un promeneur en cet instant, c’était l’attroupement de plus en plus important d’habitants dans le coin de la place situé près du Haut Quartier, d’habitude relativement dégagé.
L’histoire de l’assassinat de la grande prêtresse de Sharess se répandit rapidement même si nul ne savait dire quoi que ce soit à propos des circonstances précises de sa mort, les autorités de la ville étant plutôt frileuses à l’idée de mener une enquête approfondie, s’étaient contentées d’un examen de routine et avaient laissé les membres du temple de Sharess se charger de l’enterrement d’Hazirina.
Non loin du Haut Quartier, dans une ruelle ombragée et élégante, une silhouette féminine s’interrogeait sur le comportement à adopter.
En effet, Kariya avait parfaitement observé le manège qui se déroulait devant le lieu de culte de Sharess et souhaitait aborder des membres du temple pour en apprendre davantage, que les rumeurs de la foule ne lui apprendraient pas grand-chose, elle en était certaine.
En dépit de la clarté du jour, Kariya ne souffrait pas de sa nature vampirique, disposant d’un tatouage protecteur des éléments placé dans le creux de ses reins, lui permettant ainsi de se déplacer librement sans soulever de soupçons, et plus pratique pour se mettre en chasse.
Hazirina était une amie de longue date et elles étaient devenues comme des sœurs, étant toutes deux des étrangères loin de leur contrée natale, mais Kariya en savait finalement très peu sur Hazirina, sinon son véritable nom, cherchant à en savoir plus pour défendre la mémoire de son amie, qui n’avait probablement pas juste été tuée par un amant jaloux, contrairement à ce que les propos vipérins de la ville sous entendaient.
Son talent d’ensorceleuse l’y aiderait, encore un rare avantage qu’elle pourrait tirer des rudes leçons de son mentor, qui lui avait appris tant à utiliser son talent magique qu’à séduire les êtres alors qu’elle était en esclavage à son service.
Il s’agissait d’un riche ensorceleur calishite d’Almraiven, qui déguisait très bien son caractère vampirique et prenait des esclaves douées comme apprenties, toutes de sexe féminin, tout en leur faisant subir sa tyrannie et mordant celles qui avaient le plus d’attraits.
Kariya avait du user de tous ses charmes potentiels pour se débarrasser de la coupe de Theringar et ils étaient parvenus à un accord : il l’avait libérée de son esclavage à condition de lui rendre toujours service en cas de besoin, et il lui avait appliqué ce tatouage protecteur masquant ses principales caractéristiques vampiriques, lui permettant de côtoyer les vivants en toute innocence.
Cela faisait d’ailleurs plusieurs mois qu’elle n’avait plus eu de nouvelles de lui, espérant que cela dure le plus longtemps possible car elle détestait avoir à subir ses minables chantages et avait en ce moment du sang sur la planche avec l’assassinat de son amie Gellana.
De plus, servir de garçon de courses, même par intermittence, n’avait rien de réjouissant.
Vêtue d’une longue robe de satin blanc avec des anneaux d’or aux bras, Kariya secoua sa longue chevelure auburn et s’avança vers une jeune demoiselle qu’elle savait être au service de Sharess qui venait tout juste de sortir du temple.
Cette dernière lui fit un bref signe de la main et, soucieuse de répondre à cette invite, la vampire se rapprocha d’un pas souple vers la servante du temple.
Une fois suffisamment près l’une de l’autre, elles entamèrent une conversation à voix basse.
-Sois la bienvenue dans le cœur de la Mère des félins, douce Kariya…
Comme tu peux le constater, les rumeurs vont bon train et tu as du apprendre la mort de notre chère Hazirina, que son âme soit en paix dans le plan d’Eau Scintillante, la pauvre…
J’imagine que tu dois te poser de nombreuses questions à son sujet, étant donné que tu ne l’avais pas revue depuis Tarsakh dernier.
Je suis évidemment prête à satisfaire toutes tes demandes dans la mesure de mes moyens, mais saches que ces derniers temps, je ne la croisais que très rarement.
-Que la paix de la déesse soit avec toi, Rahina, j’aimerais en effet te poser quelques questions à propos d’Hazirina, plus particulièrement en ce qui concerne la nuit dernière.
Je dois sans doute te surprendre avec mon air inquisiteur malvenu en ces temps troublés mais une amitié profonde nous liait toutes les deux comme tu le sais.
Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’elle en soit arrivée là ? Et dans quel état a-t-on retrouvé sa chambre au moment de son décès ?
Ma requête va sans doute te paraître incongrue mais j’aimerais visiter sa chambre pour y voir plus clair, car je sais que personne d’autre que moi n’enquêtera sur son décès.
Bien que séduisante grande prêtresse de Sharess, elle n’était qu’une étrangère pour les calishites après tout…
-Je me ferais un plaisir de te guider au sein de notre enceinte sacrée, les serviteurs du temple sont en ce moment bien trop chagrinés pour faire attention à nous.
Cependant, un élément me revient à l’esprit…
Je suis à présent certaine d’avoir vu un jeune homme à la chevelure brune pénétrer dans sa chambre la nuit dernière relativement tôt dans la soirée.
Il s’agissait d’un jeune héritier d’une famille marchande de Suldolphor, une sorte de courtisan fréquentant la plupart des soirées organisées par l’aristocratie de la ville et il fréquentait Hazirina depuis plusieurs mois déjà, sans pour autant aller lui rendre visite tous les soirs.
Je ne pourrais malheureusement pas vraiment te décrire son visage mais il devrait être aisé de le retrouver, Hazirina détaillant tout à propos de ses amants dans un petit cahier contenu dans un compartiment secret de l’armoire de sa chambre.
-J’aimerais beaucoup savoir comment tu as réussi à obtenir cette information de la part d’Hazirina, qui était plutôt secrète à propos de sa vie privée malgré son caractère extraverti.
Si nous pouvions réussir à mettre la main sur son amant de la nuit dernière, certaines choses pourraient certainement être résolues.
Sais-tu quand a lieu la prochaine réception organisé par les cercles fortunés de Suldolphor ? Car la perspective de rendre une aimable visite à ce jeune homme commence à fortement me tenter…
-Si ma mémoire est bonne, je crois qu’une fête va bientôt être organisée le 6 Flamerule, c'est-à-dire dans deux jours, au sein du palais du gouverneur, ce que notre héritier ne devrait sûrement pas manquer.
Je pense qu’avec tes aptitudes d’ensorceleuse, cela devrait être un jeu d’enfant de pénétrer au beau milieu de toutes ces personnes bien nées.
Néanmoins, je pense que nous ne devrions pas tarder à rentrer à l’intérieur du temple de Sharess afin d’éviter de susciter la curiosité des badauds.

Sur ces entrefaites, elles gravirent les marches du lieu de culte et entrèrent toutes deux bras dessus bras dessous.
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Milil59
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MessagePosté le: Sam Nov 25, 2017 4:05 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

CHAPITRE DEUXIEME

D’amour l’ardente flamme

4 Flamerule 1369 Année du Gantelet

Un long couloir de marbre rose s’étendait devant elles donnant accès à différentes pièces du temple, la plupart aménagées comme de confortables salons où se trouvaient des statues de Sharess devant lesquelles se tenaient des suivantes en pleurs priant pour l’âme de la prêtresse défunte.
Tout au bout du couloir se situait un escalier en colimaçon ouvrant sur les trois étages du lieu de culte.
Kariya et Rahina montèrent jusqu’au premier étage correspondant aux habitations du clergé de Sharess pour rejoindre une porte de bois ouvragé, seuil de la chambre d’Hazirina la belle.
Cette dernière n’était pas vraiment en désordre même si les deux jeunes femmes percevaient que des fouilles visant à recueillir quelques indices avaient été menées par les autorités de la ville, l’essentiel se trouvant en bon état de conservation.
Toutefois, pour un observateur attentif, il demeurait possible de distinguer une fine odeur flottant dans l’air, unique trace d’un sortilège jeté des heures auparavant, en déduisit Kariya, qui se demandait de quel sort il pouvait bien s’agir, son mentor n’ayant pu que lui apprendre l’essentiel, étant donné que les pouvoirs des ensorceleurs ne se développaient que par la pratique et non par une étude livresque intensive.
-Je crois qu’un petit enseignement de magie s’est déroulé ici, ricana Kariya.
Apparemment, Hazirina suscitait bien des admirateurs pour attirer des jeteurs de sort dans son giron.
Voilà qui va rendre l’enquête plus complexe que prévu…
A ce propos, Rahina, estimes tu que l’amant nocturne d’Hazirina était un magicien ? demanda Kariya, qui n’y croyait cependant pas trop.
-Non, je ne le pense pas du tout, de dos, il passait surtout pour un jeune benêt se reposant sur sa fortune et il ne possédait pas de sang de génie pour posséder des capacités d’ensorceleur.
Mais pourquoi me poses- tu cette question ?
-Parce qu’un sort a été jeté dans cette pièce et que je ne parviens pas à l’identifier, par la barbe d’Azouth…
En tout cas, cela semble être un sort assez puissant et il paraît plus que clair qu’Hazirina n’a PAS été tuée par une de ses sempiternelles conquêtes masculines.
-De toute façon, Hazirina m’a toujours paru bien cacher son jeu mais je me doutais bien qu’elle ne nous racontait pas tout, à nous les jeunes suivantes de Sharess, rien que parce qu’une fois sans qu’elle s’en aperçut, je l’ai trouvé fort soucieuse, mais elle a ensuite bien vite repris le masque qu’elle destinait à son public.
En fait, je comptais davantage sur toi que sur moi pour mener cette enquête car j’en connaissais moins que toi sur elle, tu étais son amie intime, n’est ce pas ?
-Nous étions amies depuis des années, c’est vrai…
Comme je regrette de ne pas avoir été là pour elle quand il le fallait…
Maintenant, j’apprécierais que tu me montres ce carnet qu’elle cachait dans son placard car il nous sera sûrement utile et que tu me dises comment tu as découvert son existence, son pouvoir de suggestion vampirique agissant à plein régime sur le cerveau de sa jeune compagne.

Rahina s’avança à petits pas vers une armoire trônant sur le côté gauche du lit spacieux envahi de coussins, l’ouvrit et tira sur un levier placé dans un coin et le fond de l’armoire disparut pour laisser place à un petit renfoncement dans lequel se trouvait un petit carnet relié de cuir sombre.
Rahina s’apprêt ait à tendre la main quand Kariya l’arrêta d’un geste sec.
-Restes où tu es tout de suite, je vais vérifier si cet emplacement n’a pas été soumis à un sortilège qui causerait des dégâts aux curieux souhaitant s’en emparer.
Il me plairait que tu m’avoues comment tu connaissais ce secret d’Hazirina lui ordonna t-elle d’une voix impérieuse.
-Hazirina me chargeait souvent de faire le ménage de sa chambre en son absence, je suis une novice au sein du clergé et elle avait toute confiance en moi.
Cependant, un jour, elle a laissé entrouverte cette cache secrète et ce carnet était posé sur sa table de chevet.
Sur le coup, je n’ai rien fait, mais quelques jours plus tard, je l’ai entendue parler toute seule d’amants qu’elle décrivait dans ce document, avec des choses plutôt compromettantes, paraissait-il…
Je voulais lui faire du chantage mais je ne pensais pas en avoir la force, alors je me suis tue.
Rahina semblait penaude mais elle avait voulu faire chanter sa meilleure amie et elle le paierait très cher, son nouveau statut de vampire ayant appris à Kariya la cruauté.
Pour le moment, Kariya se contenta de jeter un sort pour révéler la présence d’une quelconque défense magique et seul un sort pour montrer la trace de fouineurs se montra avant d’être détruit.
L’ensorceleuse se dépêcha de s’emparer du carnet puis le fourra dans le décolleté de sa robe, avant d’ordonner à la suivante de fermer le compartiment ainsi que l’armoire.
Kariya se promit de punir Rahina pour son indiscrétion, son mentor Theringar aurait de toute façon fait de même avec elle si elle avait osé fourrer son nez dans ses affaires.
Toutefois, Rahina conservait une certaine utilité et elle se chargerait de son cas lorsqu’elle n’aurait plus besoin d’elle.
Elles inspectèrent le reste de la chambre mais ne trouvèrent rien, à part des vêtements et des parfums très coûteux, certains étaient d’origine étrangère au Calimshan mais Kariya ne reconnut pas leur facture en dépit des voyages menés pour elle-même ou au service de son mentor.
Elle demanda ensuite à Rahina où trouver un endroit discret au sein du temple afin de consulter le cahier des amourettes à loisir.
Cette dernière lui indiqua sa propre chambre, peu fréquentée en ce jour de deuil, puis se posèrent toutes les deux sur des sofas confortables.
Kariya commença à ouvrir le carnet, qui demeurait totalement illisible.
-ça alors ! s’écria la vampire
Ce texte est rédigé en igné, le langage des résidants du Plan élémentaire du Feu, seuls des érudits ou des personnes ayant fréquenté des élémentaires le connaissent sur Faerun…
Hazirina était bien un monstre de cachotteries mais je ne peux pas le déchiffrer moi-même, le seul individu que je connaisse en étant capable est parti en vadrouille je ne sais où sans vraiment me donner de nouvelles…
-Heureusement que MOI, je connais quelqu’un capable de déchiffrer cette langue, et dire que je me croyais inutile…affirma, sûre d’elle et pleine de prétention une Rahina ravie.
-Et bien, dis le, cela relancera une piste qui était en passe de s’assécher asséna Kariya qui tenta de garder son calme face à cette jeune effrontée.
-Il s’agit d’un jeune genasi de feu nommé Parvraidral, il a un caractère assez hautain mais il connaît parfaitement ce langage.
Vu les services que j’ai pu lui rendre lança t-elle avec un regard coquin, je crois qu’il sera prêt à me rendre la pareille, surtout si je lui promets une nuit de monts et merveilles…
Sur ce, trêve de discussions, allons à l’auberge du Yuan-ti qui se mord la queue.




Plus tard, à l’auberge la plus luxueuse de Suldolphor…

Une foule enthousiaste se tenait au bar de l’auberge, réputée pour servir des mets et boissons de qualité, et aussi pour servir de quartier à des activités illégales.
D’immenses lustres éclairaient la salle destinée à accueillir une clientèle aisée, prête à payer sans sourciller pour avoir accès à un peu de prestige mais aussi pour participer à la conclusion d’affaires juteuses que le cadre de l’auberge facilitait nettement.
La joyeuse patronne du lieu, Dhozra la vénéneuse en raison de ses charmes, était prête à tout afin de réaliser du profit, mais chassait en revanche sans vergogne les malotrus qui lui paraissaient sans le sou ou qui pouvaient ternir l’image de sa taverne.
La rumeur courait qu’il s’agissait d’une succube métamorphosée en humaine, jouant de ses capacités de séductrice pour garder dans ses filets les personnes qui risquaient de lui accorder du pouvoir sur cette bonne ville de Suldolphor, d’autres prétendaient que sa beauté masquait en réalité le visage d’une vieille harpie profitant de son statut d’aubergiste pour drainer la vitalité des clients de passage.
Pour fortunée qu’elle soit, la clientèle demeurait très variée et on voyait près d’une fenêtre à carreaux un jeune elfe doré vêtu de riches vêtements en soie accompagné d’un tieffelin tout habillé du cuir de la meilleure qualité qu’on puisse trouver au Calimshan, un nain d’écu assis à l’autre bout de la salle auprès d’une jeune halfelin surexcitée visiblement en pleine tractation à propos d’outils en provenance de l’île de Lantan ou bien un hobgobelin en train de faire les yeux doux à une jeune aasimar à l’air plus que dubitatif.
La clameur des lieux battait son plein, quand Kariya et Rahina entrèrent, l’une avec un air pressé d’en finir et l’autre cherchant activement son ami Parvraidral du regard.
Soudain, elle le vit et les deux jeunes femmes le rejoignirent à une table située dans un coin à l’abri des oreilles indiscrètes.
Arrivées non loin de l’individu à la chevelure flamboyante, Rahina se laissa tomber sur un siège disponible, épuisée par une demi-journée riche en événements tandis que Kariya fixait le jeune genasi d’un regard glacial et lui apparemment très surpris par l’expression méprisante de la ravissante donzelle présente devant lui.
-TOI ! Comment est ce possible ! Et dire que je ne pensais plus jamais avoir à te rencontrer de nouveau ! Claqua la voix de Kariya comme un coup de fouet.
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MessagePosté le: Sam Nov 25, 2017 4:07 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

Voilà, j'ai publié deux chapitres d'un coup.
Comme j'ai peu de temps en ce moment devant moi, je ne publierai pas le cinquième chapitre avant la période entre Noël et Nouvel An.
Je vous souhaite une bonne lecture.
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Milil59
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MessagePosté le: Ven Jan 05, 2018 5:23 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

CHAPITRE TROISIEME

Un cadavre sur le gâteau ?

4 Flamerule 1369 Année du Gantelet

Parvraidral tentait de maintenir un air faussement étonné mais il se réjouissait intérieurement.
Il se frottait les mains à l’idée de faire languir la délicieuse créature en face de lui, qui ne paraissait pas du tout ravie à l’idée de lui demander un service.
Car elles étaient toutes deux là pour faire appel à son aide, il l’avait tout de suite remarqué bien qu’il ne puisse pas deviner de quoi il s’agissait.
Il se contenta pour l’instant d’arborer un sourire de canaille pour le plaisir de voir Kariya sortir de ses gonds en dégustant cet excellent verre de vin du Tashalar.
-Hé ! Salut mes jolies ! Comment allez-vous en cette saison chaude ? Sachez que le plaisir de cette merveilleuse rencontre est partagé par votre Parvraidral adoré…
Tu devrais t’asseoir, Kariya, les sièges sont très confortables et tu ferais de moi le plus malheureux des genasis si nous nous quittions en mauvais termes déclara t-il sur un ton mielleux.
-Tu ne manques vraiment pas de toupet ! Et dire que tu t’appelles en réalité Parvraidral !
Non content de me laisser toute seule dans cette stupide crypte pleine de morts vivants, tu m’as menti sur toute la ligne concernant tes buts et qui tu étais vraiment…
Un vulgaire escroc tout juste bon à tenter de récupérer des trésors tout en regardant les autres combattre les monstres !
Oh mais laisses moi deviner…Tu avais peur de grossir les rangs de tes ptits namis nécromentaires et de devoir leur chanter pour toujours la complainte des flammes en ré mineur…
Seulement, dommage pour toi, tu n’as jamais pu mettre la main sur le grimoire de la magicienne Lrissen-Hamar, à présent entre les mains de mon client.
-Tu devrais me parler plus respectueusement, Kariya, parce qu’à présent, j’hésite à vous aider, toi et cette jeune Rahina si ingénue…
Mais à propos de ce triste incident, tu sais aussi bien que moi qu’avec tes pouvoirs, tu pouvais facilement dominer ces êtres si attendrissants et leur prier de t’apporter n’importe quel objet magique sur un plateau tout en exigeant d’eux qu’ils forment une haie d’honneur devant toi…
Faisons ainsi table rase de ce passé tumultueux et venez-en aux faits car certaines affaires pressantes m’attendent en dehors de cette merveilleuse auberge.
-Je veux bien faire un effort, PARVRAIDRAL, mais c’est bien en mémoire d’Hazirina que j’y consens.
Nous avons trouvé un carnet rédigé en igné chez ma défunte amie et tu es malheureusement le seul à pouvoir nous en révéler la signification.
De toute façon, les apparences on toujours été trompeuses la concernant mais j’ai hâte de connaître les liens qu’elle a pu contracter avec les habitants du plan du feu…
-Parfois, il peut surtout s’agir d’un code pour masquer des informations dangereuses mais il est vrai que peu d’êtres à part les magiciens maîtrisent ce langage dit Parvraidral d’une voix sombre.
La mort de G…hum d’Hazirina m’a bouleversé mais avec mon activité de commerce de parfums, je n’ai pas vraiment eu le temps de m’appesantir sur la situation murmura t-il presque pour lui-même la mine troublée.
Kariya posa prestement le fameux carnet sur la table et Parvraidral le saisit puis commença à lire à voix basse pour que seules les deux jeunes femmes entendent.









A l’attention d’Hasrin, héritier de la famille Al Nasr Moudjibé Ladifayeh

Mon bien aimé, tu redoutes plus que tout la jalousie de ton frère cadet qui aimerait accélérer la succession de ta chère et noble famille.
Je crois que j’ai trouvé un moyen pour te garder de ses éventuels assauts malencontreux.
Ce jeune idiot se croit rusé mais il n’a pas prévu que l’amitié d’une femme te mettrait à l’abri de sa cupidité maladive.
Peuh, il reste sans envergure et je ne le vois pas maîtriser les conséquences de ses actes s’il venait à t’assassiner, toi et ton père.
Cependant, pour que cette aide ne soit pas sans retour, j’aurais besoin que tu contactes ton vieil ami de la guilde des voleurs car on a fouillé dans ma chambre ces temps derniers, et tes relations me paraissent rudement bien placées pour coincer l’intrus se permettant un tel comportement.
Ta douce Hazirina au cœur très aimant.
Nota bene : agis en toute discrétion car j’aime mon confort et toi le tien.

A l’attention de Madmarik, Maître du cœur brisé de la liberté

Comme il me tarde de te revoir, mon cher Madmarik…
Tu es le seul en qui j’ai confiance dans cette ville qui m’a accueillie il y a de cela des années.
J’aimerais que tu conserves soigneusement les papiers que je vais te confier car je suis de nouveau en danger, un fort pressentiment me guette mais il ne sert plus à rien de fuir, la Dame dansante m’accorderas une place dans son divin royaume, que je rejoindrais bientôt.
Nul ne peut échapper éternellement à son destin, c’est déjà un véritable miracle si j’ai survécu aussi longtemps.
Les papiers dont je te parle jetteront un sacré trouble s’ils sont mis au jour mais il serait tout aussi fâcheux de les détruire…
Je ne souhaite donc pas mettre en péril la vie d’autant d’individus et les cacher chez toi me paraît la meilleure option, ma chambre étant la proie de fouineurs depuis quelques semaines déjà.
Notre relation est inconnue des habitants de Suldolphor, on ne viendra donc pas entamer des recherches chez toi.
Il serait trop dangereux que je t’explique le contenu de ces papiers, surtout dans une lettre, et je demeure loyale à mon pays natal, quoiqu’il arrive.
Ton amie très chère, que nos âmes se retrouvent à présent par delà la mort.

-Ainsi, Hazirina se savait menacée !
Moi qui la croyais simplement soucieuse…Quelle naïveté ! s’exclama Rahina.
En revanche, je ne connais aucun Madmarik et sa lettre contient de nombreux non dits…
Parvraidral et Kariya levèrent tous deux les yeux au ciel devant une telle évidence.
Rahina ne se rendait cependant compte de rien, adoptant un air désolé.
-Apparemment, la lettre à l’attention d’Hasrin est plus ancienne que celle rédigée à l’attention de Madmarik, car son désespoir se fait croissant souffla Kariya.
J’aimerais bien savoir d’où elle vient même si elle ne me l’a jamais avoué.
Il faut absolument qu’on mette la main sur cet Hasrin, il a eu l’air d’avoir de drôles de relations avec Hazirina, amour mêlé de chantage…
N’auriez-vous pas une idée, Parvraidral et Rahina ? demanda t-elle de manière insistante.
- Hasrin est le principal héritier d’une famille marchande avec qui j’ai de bons rapports commerciaux.
En ce moment, ils m’achètent beaucoup de parfums pour le futur mariage de leur fils cadet avec une des filles du gouverneur de Suldolphor fit Parvraidral.
Je crois que nous devrions faire un saut à la soirée organisée le 6 Flamerule.
Les deux jeunes femmes se regardèrent d’un air de connivence.
Apparemment, tout ce petit monde avait eu la même idée.
D’un commun accord, Kariya et Parvraidral se donnèrent rendez-vous au sein de la boutique de ce dernier vers la fin de l’après midi, située au sud est de Suldolphor, et plus propice à la discrétion que l’auberge où ils se trouvaient actuellement, une personne encapuchonnée les observait par ailleurs quelques tables plus loin.
Rahina proposa à Kariya de rejoindre le temple de Sharess pour qu’elles puissent dire adieu une dernière fois à leur amie commune, dont le corps avait été déposé dans la salle souterraine du lieu de culte.

Plus tard, dans l’endroit le plus secret du temple de Sharess

Un petit autel destiné à la déesse se situait au cœur d’une alcôve sur lequel des offrandes avaient été déposées afin de faciliter le passage de la grande prêtresse vers l’autre monde, mais du corps de cette dernière, nulle trace n’était visible.
Elle semblait s’être totalement volatilisée, au grand désarroi des deux jeunes femmes.
-Où ont-ils bien pu la mettre si elle n’est pas là ?
Tous les suivants de Sharess sont placés ici à leur mort pour les préparer avant leur ensevelissement.
Vraiment, je ne comprends pas…gémit Rahina dont l’incompréhension lui faisait se tordre les mains.
-Il y a sûrement une explication plausible à la « disparition » du corps d’Hazirina répondit Kariya de manière posée.
Du reste, j’ignorais que Sharess accordait à ses serviteurs le pouvoir de disparaître à loisir…
N’aura-t-on pas pu l’emporter ailleurs ? Ou alors elle avait des amis qui auront voulu se charger de l’ensevelir eux-mêmes…
-Comment peux-tu conserver un air si calme après une telle découverte ? Et puis, elle n’avait pas vraiment d’amis, en dehors des prêtres de Sharess.
Il va falloir leur annoncer cela…D’abord, la mort d’une amie, puis ensuite la disparition de son corps cria Rahina en cachant son visage entre ses mains.
Je crois que cela fait un peu trop pour une seule journée !
Si tu n’y vois pas d’inconvénients, je vais me réfugier dans ma chambre, car j’ai vraiment besoin de calme, et la vue de cette pièce achève de me mettre mal à l’aise.
-Je te crois volontiers, nous sommes toutes deux accablées par la mort d’Hazirina et ta chambre constituera un lieu plus agréable pour deviser entre vieilles connaissances répondit Kariya d’une voix doucereuse.

En plein cœur de l’après-midi, dans la chambre de Rahina

La jeune suivante de Sharess s’était avachie dans un fauteuil de velours rose et tentait de ne pas faire une crise de nerfs en respirant le plus lentement et régulièrement possible.
Les yeux plein d’un mépris contenu, bien qu’abasourdie elle aussi par la disparition du cadavre de son amie, Kariya toisait discrètement la pauvre chose éplorée en face d’elle, qui furetait partout sans que cela ne la regarde vraiment.
Un tel comportement l’insupportait car l’esclavagiste qui l’avait capturée à la frontière entre le Calimshan et le Thétyr avait tout d’abord été un serviteur loyal de ses parents, riche fermiers thétyriens, avant de l’enlever dans le cadre de son petit trafic d’esclaves.
Ce gredin avait cependant la manie de se trouver là où on ne l’attendait pas et elle l’avait surpris un jour, fouillant dans sa mansarde alors qu’il n’avait rien à y faire.
Un peu de ménage, d’après ses dires hypocrites…
Il s’était arrangé, lui avait-il affirmé, pour faire croire qu’elle était décédée auprès de ses proches, afin d’éviter le déclenchement de recherches.
Kariya avait fini par se retrouver entre les mains de Theringar d’Almraiven, qui l’avait avertie qu’une telle attitude lui vaudrait un cruel traitement dont elle ne se remettrait pas, chose dont elle s’était souvenue.
Elle devrait sans doute compatir au sort de Rahina, mais cette fille l’agaçait et elle était fermement décidée à la corriger pour l’empêcher de nuire davantage.

A présent, elle en savait assez pour continuer de mener son enquête sans son aide.
Le moment vint quand Rahina se servit un verre d’eau puis le posa sur la commode à côté du fauteuil sur lequel elle était assise, tellement sa gorge était nouée.
Avec son expression hagarde, elle ne vit pas Kariya glisser subrepticement un extrait d’illusion de Lomat, qui rendait la victime complètement paranoïaque, se croyant épiée et surveillée en permanence.
Ainsi, elle verrait ce que cela faisait d’espionner les autres et de vouloir les faire chanter ensuite.
Cette substance n’avait aucun goût et agissait environ une heure après administration, parfait pour que Kariya parte pour le rendez-vous avec ce vaniteux de Parvraidral.
Au bout d’un quart d’heure, Rahina but négligemment le breuvage, puis demanda d’une voix faible à Kariya de s’en aller, souhaitant rester seule, ce que cette dernière s’empressa de faire.

Dans le quartier des marchands, au sud-est de Suldolphor

Kariya attendait patiemment devant le comptoir de la parfumerie du débonnaire genasi de feu, qui était en pleine négociation avec un jeune homme originaire d’Elversult souhaitant une baisse des prix de la marchandise presque déraisonnable.
Ce dernier finit par sortir le visage un peu défait de n’avoir pu obtenir la remise qu’il voulait.
Parvraidral l’accueillit à bras ouvert et l’entraîna dans l’arrière boutique, constituée d’un petit salon meublé de divans moelleux bordés de tissus aux riches couleurs en provenance d’Amn et de nombreuses plantes de la jungle de Chult, dont la très rare fleur écarlate dotée d’après les rumeurs de propriétés miraculeuses.
Ils s’assirent et entamèrent une âpre conversation.
-Bienvenue dans ma modeste demeure, Kariya.
J’avoue avoir été très surpris de te voir en compagnie de cette Rahina, certes agréable comme compagne nocturne, mais d’une ânerie à faire pâlir toutes les coquettes de cette cité !
J’imagine que, comme à ton habitude, tu t’es servie d’elle pour en savoir davantage sur le décès d’Hazirina.
Ne mens pas, ce n’est sûrement pas la première fois que tu utilises quelqu’un, bien que tu m’aies fait incarner le mauvais rôle à l’auberge tantôt.
Toi et moi sommes dans la même situation, je désire autant que toi en apprendre plus sur une amie commune…
-Vraiment ? Tu n’avais pas l’air de fréquenter tant que cela le temple de Sharess pourtant…
Et saches que ton hésitation de tout à l’heure n’est pas passée inaperçue.
Tu connaissais son véritable nom de Gellana Malaergost et tu t’es repris parce que l’autre idiote m’accompagnait.
Etant son amie intime, je sais qu’elle ne t’aurait jamais accordé un regard et je la vois mal ayant des contacts commerciaux poussés avec toi.
Deux solutions s’offrent donc à toi :
-Tu m’expliques quels étaient tes véritables liens avec notre « amie commune » et nous tentons de découvrir ce qui a bien pu se passer, ce qui implique que nous intégrions en équipe la petite sauterie qui aura lieu le 6 Flamerule afin d’obtenir un galant entretien avec Hasrin.
Tu paraissais sincère en déclarant ne pas connaître ce Madmarik.
-Tu décides de faire ta tête de troll borné des montagnes et tu me déguises beaucoup de détails à tes risques et périls sachant que je suis assez bonne ensorceleuse pouvant te faire regretter la simple idée de venir me manipuler, en espérant avoir été très claire sur le sujet.
Elle comptait bien évidemment garder pour elle le fait que le corps de son amie avait disparu, ne voulant pas laisser trop de cartes entre les mains de l’impétueux Parvraidral en qui elle n’avait pas la moindre confiance.
-Je te comprends, Kariya, mais je préfère te dire tout de suite que certaines explications auront lieu en temps voulu, surtout que j’ignore qui a concrètement tué Gellana.
Son assassin est probablement un agent envoyé par quelqu’un de très puissant, qui ne pouvait pas se permettre de la laisser en possession d’informations inquiétantes et l’a supprimée pour qu’elle se taise à jamais, elle-même a fini par le comprendre à la fin…
En revanche, je suis entièrement disposé à te faciliter l’entrée à la soirée organisée par le gouverneur.
Je veux bien devenir ton allié mais il vaut mieux que tu sois patiente et également prudente, car d’après ces deux lettres, Gellana s’est soit fait tuer pour des raisons d’héritage au sein d’une riche famille calishite, auquel cas, tu pourras facilement te défendre.
Soit, comme je le crains fort, d’autres intérêts plus vastes sont en jeu, et n’importe qui pourrait nous espionner et tenter de nous tuer à notre tour.
Tu l’as peut être ou non remarqué, mais nous étions espionnés au Yuan-Ti qui se mord la queue, même si la personne a essayé de rester discrète.

Kariya ne l’aurait jamais admis à voix haute mais Parvraidral commençait à remonter d’un cran dans son estime, et à l’intriguer.
Leur alliance forcée ne serait pas une si mauvaise chose après tout…

-Ton raisonnement s’avère assez valable et tu n’es pas quelqu’un d’effarouché, bien que tu profites parfois des atouts des autres, je suis prête à sceller un accord temporaire avec toi, la moindre entourloupe et tu sauras que la vengeance n’est pas un vain mot, par le bras armé d’Hoar.
-Je n’en attendais pas moins de toi, ma douce, et je te promets une collaboration fructueuse.

Parvraidral ne put finir sa phrase car une belle jeune femme aux cheveux blancs ondulés flottant au vent dotée d’une peau et d’yeux bleux entra d’un air un peu timide et toussota discrètement.

-Je sais qui est le Madmarik dont vous parlez depuis un moment.
Le joindre ne sera pas chose aisée pour vous, encore moins de le convaincre de votre bonne foi, ceci dit, sans vouloir te vexer, mon époux bien aimé dit-elle en fixant Kariya d’un regard réfrigérant.
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MessagePosté le: Ven Jan 05, 2018 5:25 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

Je suis désolée d'avoir tardé à envoyer la suite de ma fiction mais j'étais débordée et je n'ai pas vu le temps passer.
Joyeux Noël et bonne année à tous!
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MessagePosté le: Mer Mar 07, 2018 2:50 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

Je reviens avec un nouveau chapitre particulièrement long celui là, en même temps, c'est bientôt la fin de la première partie de mon histoire.
A ceux qui parcourent ce forum, je souhaite une excellente lecture.
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MessagePosté le: Mer Mar 07, 2018 3:25 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

CHAPITRE QUATRIEME

Jeu de dupe nécromantique

4 Flamerule 1369 Année du Gantelet

Un silence glacé s’installa dans la pièce et la vampire adressa à la nouvelle venue une expression tout aussi inamicale, laissant Parvraidral coincé entre arbre et écorce.
La demoiselle aux cheveux blancs s’assit avec une grâce aérienne dans un divan face aux deux autres et se servit une tasse de thé, tout en contemplant d’un air calculateur Kariya, se demandant si elle pouvait lui accorder du crédit.

-Je suis navrée d’avoir interrompu votre intermède de manière aussi grossière.
J’espère que vous aurez, ma chère, la délicatesse de me pardonner mon manque flagrant de courtoisie.
Je m’appelle Cylwène Alzuhrelan et, comme vous l’avez compris, Parvraidral est mon époux depuis une année déjà.
Je ne vous veux aucun mal mais le contact avec des morts vivants, vampires ou autres, m’a toujours profondément agacée.
Je vous prierais donc de ne pas vous attendre à un accueil débordant de chaleur, même si je ne suis pas votre ennemie.
Après tout, nous avons un point commun, le fait d’avoir vécu une vente au marché aux esclaves d’Almraiven.
Ne soyez pas étonnée déclara Cylwène à Kariya stupéfaite que la femme en face d’elle en sache si long à son sujet.
Je possède des pouvoirs de divination qui me permettent d’apprendre des détails sur les personnes que je croise et j’admets votre honnêteté dans le cadre de votre enquête à propos de cette malheureuse Gellana.
J’ai eu l’occasion de rencontrer mon mari lorsqu’il a eu pitié de moi, prête à être vendue pour satisfaire la curiosité malsaine d’un couple calishite, fascinés par mon ascendance de genasi d’air.
-C’est absolument extraordinaire alors ! dit Kariya d’un ton sarcastique.
Lors de vos ébats amoureux, ce doit être tout feu tout vent…
Il serait temps que vous nous racontiez néanmoins ce que vous savez sur ce Madmarik, qui semble bien exigeant concernant ses fréquentations.
-Oui lâcha Parvraidral brusquement.
Comment es tu entrée en contact avec cet individu, d’abord ?
Crois moi, il n’a pas intérêt à être ton amant, le bougre…
Je n’accepterais jamais d’être trompé, entends tu ? Cracha t-il d’une voix menaçante.
-Ne t’enflamme pas, mon amour…
Madmarik ne s’amouracherait pas de quelqu’un comme moi et tu es le seul présent dans mon cœur.
Je veux bien vous conduire à lui, mais cela ne sera pas possible avant le 7 flamerule.
Il a de multiples obligations et nos activités sont secrètes, je ne peux pour l’instant vous en dire plus.
Je serais votre ambassadrice le jour venu, vous ne pourrez être acceptés seuls dans le Cercle Brisé de la Liberté.
Il demeure vital que vous me fassiez confiance…Surtout vous souffla Cylwène froidement à l’intention de Kariya.

Kariya avait bien envie de dire que demander à un genasi de feu de ne pas s’enflammer constituait une gageure et qu’elle n’accordait à cette Cylwène qu’une confiance plutôt limitée, mais c’était leur unique chance de mettre la main sur ces fameux papiers si confidentiels et si périlleux.
Elle n’appréciait pas outre mesure cette dernière, une intuition la poussait à se défier d’elle.

-Nous sommes d’accord pour accepter ton concours, ma chérie fit Parvraidral accompagné d’un hochement de tête approbateur de Kariya.
Tu seras notre guide au moment choisi par toi, même si tes petits secrets m’attristent, tu aurais pu m’en parler…
Quant à nous, Kariya, je te suggère de décider d’un plan afin de tirer les meilleures informations possibles de la bouche d’Hasrin le valeureux se moqua Parvraidral.


6 Flamerule 1369 Année du Gantelet

Dans les environs du palais du gouverneur de Suldolphor, situé au nord du Haut Quartier.

A l’ombre d’un grand palmier près d’un pavillon, Kariya ne tenait plus d’impatience à l’idée d’attendre Parvraidral, qui lui avait gracieusement offert sa nouvelle robe de soie dorée, lui garantissant de se fondre dans la foule des invités triés sur le volet.
Plusieurs esclaves s’assuraient que tout ce comité disposait du boire et du manger en faisant circuler de nombreux plats de viande épicée et de fromage vert du Calimshan.
Quant à elle, pour sa part, elle s’était abreuvée de sang frais la nuit précédente dans les ruelles à l’écart du centre ville, véritable coupe gorge pour les passants inattentifs, le jardin luxuriant dans lequel elle se trouvait à présent constituait un changement agréable.
En effet, personne ne se souciait de la disparition de tires laines et de potentiels gibets de potence, véritable banquet pour les vampires comme elle, ce qui instaurait de plus une sorte de justice.
Lasse de rester immobile, Kariya se déplaça de manière nonchalante entre les groupes d’invités, afin d’écouter leurs propos.
-Je crois qu’il faut tenter d’échapper à la fiscalité que nous impose le pacha
Ralan el Persakhal, elle est devenue de plus en plus écrasante ces temps derniers se récria un riche marchand vêtu de satin vert.
-Ne redoutez-vous pas des représailles de la pègre mon cher Hakim Abd el Kaser ?
A moins que vous n’ayez trouvé de solides gardes du corps prêts à vous défendre contre des tueurs aguerris…
Il y va de votre tranquillité mon ami, et puis l’indépendance de notre ville repose sur ces impôts que vous décriez tant.
-Vous avez sans doute raison, par Waukeen, que faudrait-il faire pour nous dégager de la tutelle de Calimport ?

Kariya se détacha du petit groupe qui discutait de manière animée et alla rejoindre Parvraidral assis sous une tonnelle fleurie dégageant une odeur vaguement écœurante.
Elle secoua la tête d’un air désabusé quand elle vit sa tenue…
Tu parles d’une discrétion !
Il portait un large sarouel en satin bleu fluo couvert d’étoiles d’argent et un turban orné des mêmes motifs, qui juraient avec sa peau flamboyante…
-As-tu songé à pister notre héritier ou as-tu décidé d’être le tombeur de ces dames ?
Je croyais que nous devions passer inaperçus et mettre la main au collet d’Hasrin le brave…
-Comme tu peux le constater, ma belle, l’élégance de mes vêtements ne jure en rien avec celle des autres convives.
Oh, mais quelle surprise, voilà l’objet de nos recherches passer le bras autour des épaules de la jeune promise de son frère.
Nous devrions les suivre puisqu’ils montent à l’étage de ce beau palais…


A quelques mètres de là, une belle fille brune au regard ambré charmait un jeune coq aux allures de dandy, tout en grimpant un escalier ouvragé en colimaçon.
Nos deux enquêteurs en herbe firent de même et se retrouvèrent dans un couloir orné de torches de chaque côté, un claquement de porte se produisit au fond de ce dernier.
Kariya et Parvraidral se consultèrent du regard, puis décidèrent d’espionner les deux tourtereaux par le biais des pouvoirs de l’ensorceleuse.
Kariya se transforma en vapeur pour passer en dessous de la porte verrouillant l’accès à la pièce mystérieuse, puis se retransforma une fois arrivée de l’autre côté tout en demeurant invisible aux yeux des amants interdits.

-Ne crains tu pas la colère de ton futur époux, ma tendre Zinaïda ?
Mon frère est très possessif, comme tu le sais si bien et il serait furieux s’il voyait le spectacle actuel.
-Je te trouve bien hypocrite, cher Hasrin, pour quelqu’un qui redoute son cadet, tout en feignant l’indifférence.
Hé oui, je t’ai bien percé à jour, malgré tes nombreuses précautions pour masquer tes émotions.
Tu prétends être à l’abri de tous ennuis alors que ces derniers vont finir par te tomber dessus.
Et que dire de la mort de cette prêtresse de Sharess, tout juste bonne à collectionner les hommes comme toi…s’esclaffa la plus jeune fille du gouverneur avec un dédain non dissimulé.
Ah, ça, Hasrin, tu ne seras jamais qu’un jouet pour toutes les femmes que tu croises, pauvre petit héritier un peu trop bête.
Néanmoins, je t’accorde un avantage : tu finiras par hériter d’une solide fortune un jour.
Si seulement mon père m’avait fiancée à toi plutôt qu’à ton frère…
-Hazirina ne se contentait pas de tenir les hommes dans ses rets, ELLE.
Tu es vraiment la princesse la plus odieuse que j’ai jamais connue mais ton charme a de l’effet sur moi, malheureusement.
Tu as bien deviné, en effet, j’ai peur de mon frère, te voilà satisfaite maintenant ?
Mais tu devrais frissonner, toi aussi, car Abdullatif réprouverait certainement ta conduite autant que la mienne et il te ferait regretter tes infidélités.
Il n’est nul besoin de vénérer la Mère des chats pour culbuter tous les individus autour de soi.
Et que penser de la conduite de ton gouverneur de père si l’histoire de tes relations amoureuses parvenait à ses oreilles ?
- Mon père est trop occupé à gérer sa cité qu’à se mêler de mes histoires, comme tu l’affirmes si bien.
J’aurais voulu t’offrir mon plus beau témoignage d’amour cette nuit mais je préfère m’en aller.
Ton esprit est sans doute encore attaché à cette étrangère décédée il y a peu.
Je vais te laisser aller à tes souvenirs susurra la jouvencelle avant de quitter la pièce en prenant bien soin de claquer la porte de dépit, occasion que Kariya saisit pour apparaître dans toute sa splendeur devant le jeune homme stupéfait.
Suite au départ de Zinaïda, Parvraidral rentra, puis referma la porte avec un regard qui n’augurait rien de bon pour Hasrin.

-Je crois que nous allons avoir une petite conversation à trois déclara Kariya, tout en plantant son regard dans les yeux d’Hasrin, afin de le maintenir sous son influence vampirique.
Autant t’avertir, nous avons eu vent, mon partenaire et moi, de tes petites relations avec Hazirina.
Ne t’en fais pas, notre discussion ne sera pas longue.
Nous aimerions savoir ce qu’elle t’a offert en cadeau pour éviter les pièges posés par ton frère et j’aimerais que tu nous précises si elle t’avait fait du chantage ou non.
-La grande prêtresse de Sharess m’a offert une pierre d’abjuration permettant de repousser les maléfices lancés par mon frère à mon égard ainsi que les créatures qu’il invoquait pour me nuire.
Car mon frère est un magicien et il a tenté à de nombreuses reprises de me tuer ou de m’effrayer à coup de bêtes éclipsantes.
Nous étions convenus qu’elle prendrait contact avec une marchande amnienne nommée Androsyne afin d’éviter que mon frère connaisse ma stratégie pour me protéger.
Elle réside dans le quartier des marchands mais elle ne vous recevra pas si tard, allez la voir demain matin.
Hazirina m’avait demandé de l’aider à trouver la personne qui fouillait dans sa chambre en son absence en me menaçant de révéler à mon frère mon aventure avec sa dulcinée si je n’obtempérais pas.
Méfiez vous d’Abdullatif, il peut être dangereux et il haïssait Hazirina parce qu’elle avait préféré avoir une relation avec moi plutôt qu’avec lui.
-Saches, mon cher ami, que je peux également être très dangereuse pour les gens que je choisis de rencontrer fit Kariya menaçante.
Révèles moi où se trouve ton frère, il me tarde de faire sa connaissance.
Allons, tu devrais bien avoir une petite idée, non ?
-Nous avons une maison dans le Haut Quartier mais il loge plus volontiers dans une tour, au nord ouest de la ville de Suldolphor.
Je pourrais vous accompagner si vous le voulez…
-Ne te tracasses pas, tu en as déjà bien fait assez comme cela, et nous n’avons pas besoin, mon ami et moi, d’un pleutre.

Sur ce, Kariya lui jeta un sort d’oubli pour effacer de sa mémoire toute trace de leur entrevue.

Dans une tour de pierre blanche ornée d’inscriptions magiques

Parvraidral et Kariya avaient eu bien des difficultés à pénétrer au sein de la tour d’Abdullatif Al Nasr Moudjibé Ladifayeh, blindée de sorts de protection, visant à détruire tout intrus non invité par le maître de céans.
Ils avaient tous les deux d’abord pénétré dans un vaste hall d’entrée, trop vaste d’ailleurs pour une si petite tour…
Ils s’avancèrent prudemment, puis arrivés au milieu de la salle, le décor bascula d’un coup.
Kariya se retrouva dans une petite chambre, qui lui rappela de sinistres souvenirs quand un homme vint poser sa main brutale sur son cou, cette main si honnie, prête à lui évoquer la domination que cet être répugnant avait exercé sur elle.
-Non, c’est impossible, tu es mort, espèce de monstre !
Sale traître, qui m’a séparé de ma famille ! Comment peux tu être ici, alors que ta vile activité d’esclavagistes se situe près du Thétyr ? cracha t-elle de toute la force qu’elle put employer, et se dégagea de l’emprise de cet homme, qui avait abusé d’elle sur toute la ligne.
-Ravi de te revoir ma douce, tu m’as manqué, tu sais ?
En attendant, tu m’as apporté un joli magot lors de ta vente au Calimshan…
J’espère à présent pouvoir à nouveau profiter de toi, tu n’as jamais été aussi parfaite que quand tu es devenue une jeune esclave se débattant pour s’enfuir loin de son esclavagiste préféré ! dit-il en se retournant pour lui faire face et prenant un air cruel comme il savait si bien le faire.
Kariya lui envoya un violent coup de pied dans l’entrejambe et fit un mouvement de la main pour l’envoyer contre le mur d’en face, quand une odeur légèrement sucrée lui fit sentir que cette scène saugrenue n’était qu’une sordide illusion destinée à berner les indésirables venus dans cette tour.
-Bien joué, Abdullatif mais tu ne perds rien pour attendre, tu vas même me le payer au centuple, par la main terrible d’Hoar !
Elle lança aussitôt un contresort et le spectacle qu’elle vit la laissa stupéfaite.
Parvraidral se tenait à genoux devant Zinaïda, l’amante d’Hasrin, qui arborait un air satisfait et plein d’un sadisme certain, elle tenait un fouet dans la main droite, visiblement dans le but de malmener le genasi de feu sous l’influence d’un sort d’hypnose.
Zinaïda se tourna vers Kariya et lui fit un sourire empli de méchanceté.
-Vous aviez bien cru à mon personnage auprès de ce crétin d’Hasrin tantôt…
Toi et Parvraidral n’êtes que des fouineurs j’espère bien vous punir et vous dissuader de venir chercher des noises à Abdullatif.
Mes illusions ont toujours été réussies, j’en suis très fière…
Je regrette de ne pas avoir tué Hazirina, cette idiote croyait que le plaisir peut s’obtenir sans la souffrance et sans la punition qu’elle méritait pour son comportement troublant de petite mêle tout…
Sur ces entrefaites, elle fit claquer son fouet sur le dos de Parvraidral, qui tomba inconscient sous la force du choc.
Zinaïda agita son fouet, tout en manquant se prendre les pieds dedans et de tomber par terre mais elle se reprit puis exécuta une série de saltos avant pour se planter devant Kariya, qui ne desserrait pas des dents.
-Tu vas enfin sentir toute la portée du combat des agents de la Dame de la souffrance, pauvre petite esclave éloignée de ta tendre famille, j’ai toujours aimé utiliser la douleur psychologique contre les personnes qui se croient à l’abri comme toi, tu vas également connaître la douleur physique…
Zinaïda s’apprêta à lui lancer son fouet autour du cou pour l’enserrer et la forcer à se mettre à genoux mais Kariya fut plus rapide.
-Tu es donc une loviate, espèce de petite ordure…
Tu dois donc savoir que ta déesse apprécie de manière équivalente le froid et le fouet.
Cette glace là devrait donc te plaire !
L’ensorceleuse fit jaillir un cône glacé fleurant bon la vanille autour de Zinaïda, emprisonnant cette dernière et l’empêchant de remuer.
Néanmoins, au bout d’un court laps de temps, la glace disparut, laissant une Zinaïda bouillante de rage.
-La glace est notre alliée à nous les prêtresses de Loviatar, tu es une combattante valable, Kariya.
Aussi, vais-je quitter ces lieux mais ne t’approche pas de trop près des affaires de ta défunte amie.
Cette greluche avait un contentieux avec ma déesse dans lequel tu ne devrais pas rentrer.
Une porte dimensionnelle apparut au milieu du hall d ‘entrée, Zinaïda s’y glissa et la porte disparut, Kariya restant pantoise devant l’attitude un peu étrange de la plus jeune fille du gouverneur de Suldolphor.

-Je crains que nous n’ayons affaire à un sorcier accompli lâcha Parvraidral, reprenant conscience avec une mémoire quelque peu affaiblie.
Il doit faire partie de la guilde des arcanes d’Almraiven pour être aussi puissant…
-Tu devrais rester tranquille un moment, tu as en effet de bonnes raisons d’être épuisé.
Je te suggère de te reposer ici, j’irais affronter le frère d’Hasrin toute seule, il ne risque pas de me faire peur après le contact que je viens d’avoir avec sa fiancée démente.
Je veux l’interroger et l’abattre s’il s’avère qu’il a bien tué Gellana.
-Ce n’est pas si simple, à mon avis lui rétorqua Parvraidral.
Tu oublies les papiers qu’elle a dissimulés chez Madmarik.
Hasrin ne connaissait pas la véritable identité de Gellana.
Tu ne m’ôteras pas de la tête qu’elle a été supprimée pour cette raison, ou ce serait une coïncidence trop forte…
-Je veux bien me ranger à ton avis mais le frère d’Hasrin a quelque chose à nous apprendre, à mon avis.

Elle atteignit la plus haute pièce de la tour et elle vit Abdullatif en train d’incanter au dessus du cadavre de la pauvre Gellana allongée sur un autel, visiblement pour essayer de la faire parler malgré sa mort.
Ses tentatives ne semblaient pas très réussies car ses mains avaient beau sécréter une lumière rose vif à pois bleu turquoise, aucun phénomène ne se produisait.
Finalement, le cadavre généra un éclair vert fluo qui projeta violemment le magicien à l’autre bout de la pièce, aux pieds de Kariya.
Abdullatif se retrouva avec des mains relativement calcinées et tira une mine dégoûtée.
- Ce manuel de nécromancie était une pure arnaque, semble t-il…
Tous ces sorts ne m’ont pas permis d’obtenir la moindre parcelle d’information sur ce que cette garce a pu dire à mon frère murmura t-il pour lui-même rageusement, sans se rendre compte de la présence de Kariya à ses côtés.
-Tu t’es bien fait posséder par le bout du nez en effet…
Je crains que tu ne périsses même si tu n’as pas tué Gellana.
Je ne tolèrerais pas que mon amie fasse l’objet d’une nécromancie quelconque siffla Kariya, pleine de colère froide.
Finalement, je crois que tu ne nous révèleras rien d’intéressant.
Tu vas payer pour ce que tu as fait.
Une boule de feu apparut afin de détruire le goujat.

Il n’y eut bientôt plus qu’un tas de chair fumant à leurs pieds, résultat de la magie de l’ensorceleuse.
Parvraidral se chargeât de contacter le temple de Sharess afin que Gellana puisse être enterrée dignement.
En bas de la tour d’Abdullatif, Cylwène Alzuhrelan les attendait.
-Vous êtes prêts à rencontrer le Maître du Cercle Brisé de la Liberté.
J’ai approuvé votre conduite envers ce faux nécromancien, Kariya.
Les séides de cette abomination qu’est Loviatar sont également des ennemis communs, désormais.
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Milil59
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MessagePosté le: Ven Mar 09, 2018 7:27 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

Et voilà pour le dernier chapitre de la première partie de cette histoire!
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MessagePosté le: Ven Mar 09, 2018 7:29 pm    Sujet du message: Le Prix de la Loyauté Répondre en citant

CHAPITRE CINQUIEME

Le Cercle brisé de la Liberté

7 Flamerule 1369 Année du Gantelet

Parvraidral gémissait sur le canapé situé dans son arrière boutique, tandis que Cylwène Alzuhrelan et Kariya soignaient les blessures infligées par la plus jeune fille du gouverneur de Suldolphor.
L’onguent acheva de fermer les plaies que le genasi de feu avait au dos, ce dernier s’endormit alors profondément.
Les deux femmes se regardèrent pendant un long moment, une gêne mutuelle persistant entre elles, puis esquissèrent chacune un faible sourire.
-Je vous dois des explications, Kariya.
Sachez que votre vénération pour Hoar est ce qui m’a empêchée de vous en dire plus sur Madmarik.
Vous comprendrez que le clergé d’Ilmater dont je fais partie et dont le Cercle brisé de la Liberté représente un réseau secret de libération d’esclaves agissant dans l’ombre, ne savait pas s’il pouvait vous faire confiance ou non.
Votre lutte contre cette jeune prêtresse de Loviatar vous a permis de remporter l’épreuve de confiance, bien que j’ignorais la teneur exacte de ses liens avec Hasrin et son frère.
Les loviates veulent la destruction de notre réseau et la femme contre qui vous avez combattu est haut placée dans le culte de sa déesse, étant donné l’étendue de ses pouvoirs.
Elle représente cependant un danger non immédiat tant qu’elle ignore le quartier général de notre réseau.
Votre amie Hazirina nous a parfois aidés mais elle n’était pas membre de notre communauté pour autant.
Néanmoins, notre grand prêtre Madmarik était son confident, elle n’avait de confiance qu’en lui mais je sais qu’elle ne lui racontait pas tout.
Ces papiers que vous cherchez vous et Parvraidral sont très dangereux et je ne saurais trop vous conseiller d’être solidaires l’un de l’autre car la grande prêtresse de Sharess n’a pas eu une vie de tout repos ni sans reproches.
-Je vous remercie de vos aimables conseils mais vous auriez pu au moins en parler à votre époux plus tôt, il ne vous aurait pas trahie, même si en ce qui me concerne, ma confiance en lui s’avère plutôt limitée.
Sachez que les conflits entre Ilmaterites et Loviates m’indiffère, je veux mettre la main sur l’assassin d’une amie qui fut très proche et croyez-moi, il risque de le regretter.
Peu m’importe les dangers que je dois courir, je suis prête à aller au bout de la vérité pour venger Gellana.
Parvraidral veut aussi connaître le fin mot de cette affaire, bien que ce soit pour des raisons qu’il ne m’a pas révélées.
-Je n’ai pas toujours connu Parvraidral mais je sais qu’il souhaitait protéger Gellana de loin, sans que cela se sache, préférant se livrer à sa façade d’activité de marchand de parfums.
Je tiens à vous servir d’appui dans votre enquête car vous vous lancez dans quelque chose de vaste et de dangereux.
En attendant que mon galant époux se réveille, prenons du bon temps pendant que nous le pouvons encore.
Le milieu de la nuit sera plus propice pour nous rendre au sein du quartier général du Cercle brisé de la Liberté.

Elles discutèrent de manière animée, Cylwène Alzuhrelan narrant à Kariya son enfance heureuse au sein de sa famille à Almraiven, puis la tristesse ressentie lors de la mort de ses parents, la laissant à la merci de ceux qui, à la fois attirés et effrayés par son ascendance, allaient la vendre sur la place du marché aux esclaves de la ville.
Malgré sa froideur émotionnelle acquise du fait de sa nature vampirique, Kariya ne put s’empêcher d’éprouver de la compassion pour la jeune femme en face d’elle et une haine égale vis-à-vis de l’esclavagisme.

Au beau milieu de la nuit, quand les bonnes gens de Suldolphor se retournent dans leur sommeil…

Parvraidral se tenait debout à peu près remis de ses aventures sur le parquet soigneusement ciré du salon attenant à sa chambre à l’étage de sa boutique de vente de parfums, avec Kariya qui brûlait d’envie de rencontrer enfin ce très cher Madmarik.
Quant à Cylwène Alzuhrelan, elle se situait debout au centre de la pièce en train de psalmodier des paroles sifflantes ressemblant parfois à une douce brise parfois à une violente bourrasque et elle finit par passer sa main droite au dessus d’une coupe remplie d’un liquide bleu céruléen tenue par sa main gauche.
Un cercle brilla au milieu du salon puis il disparut pour laisser place à un escalier de granit rose en colimaçon pénétrant dans le sol éclairé d’une faible lueur jaune.

-Voici une des entrées permettant d’accéder à notre Quartier Général.
Seules les personnes habilitées à juger la nature profonde des individus peuvent les utiliser.
Aussi, je passerais devant vous afin que nos protections magiques ne vous infligent de dégâts en vous identifiant comme des intrus.

Cylwène Alzuhrelan descendit dans l’escalier qui émit une lueur vive mais brève, et elle fit ensuite un signe de la main à Kariya et Parvraidral pour leur indiquer que la voie était libre.
Au bout de longues minutes, ils se retrouvèrent tous les trois devant une porte en marbre sur laquelle était sculptée une statue représentant une femme au visage débordant de miséricorde avec un regard cependant solennel qui affirmait bien qu’elle était la gardienne du passage et qu’elle ne serait pas si dupe.

-Bonjour Dame Ythresa, voici deux amis qui souhaitent consulter notre grand prêtre bien aimé.
Ils ne violeront en rien le sanctuaire du Dieu Qui Pleure, je me porte garante de leur conduite.
J’espère que vous saurez honorer ma sincérité en nous accordant le droit de passage.
-Sois la bienvenue, ma fille dit une voix grave et mélodieuse de contralto remplie d’autorité.
Je lis ton honnêteté et je désire que tes amis comme tu les appelles comprennent l’honneur qui leur est accordé en étant autorisés à venir dans le temple sacré d’Ilmater.
Toutefois, je m’étonne qu’une fidèle adoratrice du Dieu Brisé accepte de se porter garante d’une mort vivante répondit-elle en adressant à Kariya un regard pénétrant.
-Dame Ythresa, je vous sais gré de la confiance que vous m’octroyez.
Ma compagne a le cœur profondément troublé et seule une visite à notre grand prêtre pourra l’apaiser.
Je vous serais éternellement reconnaissante d’avoir accédé à notre requête claironna Cylwène Alzuhrelan en s’inclinant et joignant les mains en signe de respect.

Soudain, la sculpture et le porte de marbre disparurent pour laisser place à une vaste salle circulaire de pierre brute beige bien éclairé alors que rien ne semblait indiquer une source de lumière quelconque.
De larges fauteuils étaient installés çà et là pour le confort des visiteurs.

-Vous pouvez vous installer ici en attendant que j’aille chercher Madmarik car vous n’avez pas acquis suffisamment la confiance du Cercle Brisé de la Liberté pour pouvoir circuler tranquillement dans ce temple lâcha Cylwène d’un ton ferme.
Cette dernière partit dans un couloir adjacent, Parvraidral s’était assis dans un siège moelleux profitant du caractère chaleureux de la pièce et Kariya se demanda pourquoi un temple d’Ilmater était si bien gardé, la philosophie de ce Dieu étant fondée sur l’accueil de tous ceux qui étaient dans le besoin et le dénuement.

Au fur et à mesure du temps qui passait, Kariya et Parvraidral se demandèrent si Cylwène Alzuhrelan ne les avait pas oubliés.
Cette dernière finit par revenir accompagnée d’un homme de petite taille dégageant une grande prestance avec une tête ornée de cheveux blancs.
Ses yeux étaient illuminés de bonté.

-Bienvenue dans le sanctuaire de notre vénéré Ilmater.
Cylwène Alzuhrelan m’a parlé de votre requête à propos de cette malheureuse Gellana Malaergost.
La pauvre a eu une vie bien troublée et ce n’est qu’en devenant un témoin fortuit d’une de nos opérations de libération d’esclaves qu’elle s’est liée avec moi.
Elle ne m’en a pas dit beaucoup plus sur elle malheureusement.
Gellana aspirait plus que tout à dissimuler les papiers que vous cherchez tant.
J’espère que vous y trouverez des réponses à vos questions.
-Nous te remercions Madmarik et nous ne te dérangerons plus longtemps.

Ils installèrent une grande caisse pleine de courriers sur une table de bois brun et tirèrent la première lettre.

A l’attention de Selmyra Ilmeth, courtisane de Thazalhar

Ma très chère amie, il est une mission qui pèse sur une conscience que je croyais depuis longtemps éteinte.
Je hais mon appartenance à cette famille qui m’oblige à faire l’odieux travail de débarrasser nos supérieurs des personnes qu’ils jugent importune comme toi.
Je suis au regret de te dire que tu es dans un guêpier inextricable et que seule notre amitié me contraint à te révéler que tu es la cible d’un assassinat commandé.
Tu aurais du savoir que ton hésitation te condamnerait à payer le prix fort et à déterminer une bonne fois pour toutes à qui va réellement ta loyauté.
Croyais tu réellement que ton pathétique espionnage aujourd’hui inefficace à l’encontre de la Zulkir de l’Abjuration suffirait à mettre en péril nos enclaves bâties autour de la Mer de Lune ?
Et surtout qu’il satisferait toujours tes mandants ?
Parfois, je me demande si ce n’est pas une farce des dieux qui nous ont fait naître en ce triste pays…
Toi, malheureuse fille noble issue de la famille Ilmeth et moi, triste demoiselle condamnée à suivre la tradition familiale d’empoisonner des victimes désignées la plupart du temps par nos dirigeants.
Sois sur tes gardes et brûle cette lettre dès que tu la recevras.
Ta confidente Gellana Malaergost, empoisonneuse de Tyraturos

Cela prit du temps pour que Kariya digère ces informations concernant son amie défunte.
Il était en effet difficile de percevoir la délicate grande prêtresse de Sharess comme une ancienne empoisonneuse, visiblement de noble ascendance thayanne.
Quant à Parvraidral, il ne semblait pas étonné le moins du monde, comme s’il était déjà au courant.
Il affichait un air blasé, ce qui agaça Kariya mais elle garda contenance et entreprit de saisir la seconde lettre.



A l’attention de Gellana Malaergost, empoisonneuse de Tyraturos

Je te trouve bien téméraire, ma chère disciple, d’oser affronter la colère de nos dirigeants en refusant de remplir la tâche qui t’es confiée, bien que je n’en connaisse pas les détails et souhaite rester dans l’ignorance car je tiens à la vie.
J’accepte d’accéder à ta demande de te dissimuler dans notre temple de Bézantur mais pour un court laps de temps, je ne veux pas mettre en péril ma communauté toute entière pour une seule personne, le comprends-tu ?
Je te souhaite du courage, ma fille, le mieux est que tu sois discrète pendant un temps, voire, pour le restant de tes jours, étant donné ton inquiétante situation.
Haldran, haut prêtre du temple de Sharess de Bézantur

Gellana savait à quoi elle s’était exposée en n’accomplissant pas sa besogne d’exécutrice des basses œuvres.
Cette lettre permettait de deviner comment elle avait pu devenir prêtresse de Sharess alors que rien ne l’y prédestinait au départ mais elle ne délivrait pas plus d’informations.

A l’attention de Breluthkos, maître espion au service des enclaves thayannes

Me voilà bien contrainte d’appliquer à la lettre les consignes de votre réseau de contre espionnage, bien que j’aurais voulu fuir loin de tous ces tracas politiques.
Vous semblez pleinement satisfait de me voir à la merci de nos bienveillants et tendres zulkirs mais je ne suis pas naïve.
A la moindre erreur et je sais que vous m’éliminerez.
Je suis néanmoins consciencieuse, le traître de l’enclave de Calimport a été supprimé avant qu’il puisse jeter le discrédit sur les sorciers rouges.
Je dois vous rappeler qu’il est plus facile, étant basée à Suldolphor, de surveiller une pauvre enclave thayanne du Calimshan que de m’occuper de l’enclave d’Arrabar, où un autre individu insaisissable semble jouer les trouble fête et vous narguer.
Il aurait été plus judicieux d’y aller vous-même puisque vous êtes visiblement si compétent…
Je dois également vous narrer un désagrément : ma chambre fait l’objet de fouilles régulières et vous ne faites rien pour y mettre un terme.
Dois je en conclure que mon travail ne justifie pas une protection particulière et que vous souhaitez sacrifier sur votre échiquier une pièce trop faible pour vos petits jeux avertis ?
En l’attente de futurs renseignements, je vous souhaite une agréable lecture.
Hazirina, grande prêtresse du temple de Sharess à Suldolphor

Elle n’avait apparemment pas eu le temps d’envoyer cette lettre à son supérieur, un envoi qui lui aurait peut être sauvé la vie…

A l’attention de Breluthkos, maître espion des enclaves thayannes

Je me réjouis de vous annoncer que je crois avoir cerné quel est le traître qui s’évertue à nuire aux sorciers rouges à Arrabar, la piste n’est pas sûre mais elle constitue la première avancée concrète de ma besogne.
En me forçant à passer d’empoisonneuse à contre espionne, vous m’avez tous livré à une vie dangereuse mais je sens que je vais finir par trouver cela excitant, sans doute pour tromper mon inquiétude autant que mon monde.
Un intermédiaire doit bientôt me contacter, j’espère que votre vigilance sera de mise car je suis épiée depuis un moment : serais je donc un appât afin de démasquer notre vil ennemi ?
Votre dévouée Hazirina, grande prêtresse du temple de Sharess à Suldolphor

Se rendre à Arrabar, située dans le Chondath, devenait urgent si on voulait démêler l’écheveau de cette affaire et retrouver l’assassin de Gellana.
Trois carnets accompagnaient les lettres, dans lesquels étaient inscrits les noms des sorciers rouges de chaque enclave surveillée par Gellana.
Parvraidral se racla la gorge et se décida enfin à reconnaître ce qu’il savait.
-Chères mesdames, il est temps que certains masques tombent car je suis mêlé à cette affaire de bien plus près que vous ne le croyez
Hé non, ce n’est moi qui ait assassiné Gellana affirma t-il devant une Kariya à présent soupçonneuse.
J’étais il y a quelques années au service de la famille Ilmeth en tant que mercenaire, d’où ma connaissance des parfums et ma facilité à faire leur commerce.
J’ai protégé chacun des membres de cette famille, particulièrement Selmyra, qui m’attirait.
Hélas, son statut de courtisane l’empêchait de se commettre avec quelqu’un de ma condition, bien que les genasis de feu soient respectés en Thay.
Un beau jour, je me suis rendu compte qu’elle avait noué des liens affectifs avec la Zulkir de l’Abjuration Lallara Mediocros et je me suis inquiété pour elle, fréquenter un personnage de si grand pouvoir n’étant pas anodin pour qui connaît la politique thayanne.
Les autres membres de la famille Ilmeth m’ont conseillé de me mêler de mes affaires et ont voulu par la suite se passer de mes services.
Vénérant Kossuth, j’ai été initié au sein de l’ordre de la Salamandre à Eltabbar où j’ai fini par oublier toute cette histoire, jusqu’à ce qu’une nuit, étant allé me divertir à la Taverne de la Rose Rouge, une personne dont je ne parviens pas à me rappeler distinctement le visage, m’a enjoint de protéger Gellana Malaergost, que je serais bientôt chargé par la famille Ilmeth de vendre leurs parfums au Calimshan, ce qui m’assurerait une couverture.
Je n’en ai jamais su plus, même si je me doutais depuis un moment que cette rencontre n’était pas le fruit du hasard, les intrigues fomentées par les tharchions et les zulkirs se révélant bien trop tortueuses à mon goût.
-C’est curieux, mais je ne te vois pas obtempérer si promptement à un parfait inconnu rencontré dans une taverne, tu es bien trop désinvolte pour cela ricana Kariya.
-Je crains qu’il ne vous faille le croire, ma chère intervint Cylwène Alzuhrelan.
Parvraidral a visiblement fait l’objet d’une puissante magie pour le convaincre de protéger votre amie, et alliée à une curiosité certaine, il est venu dans cette contrée effectuer sa mission.
Si vous le souhaitez tous les deux, la communauté des membres d’Ilmater possède un temple à Arrabar, ce sera plus facile si vous avez une base pour opérer au sein de la ville.
N’êtes vous pas d’accord, Madmarik ?

Ce dernier était resté étrangement silencieux et s’était rembruni en entendant parler d’Arrabar.
A présent, il semblait circonspect.

-J’admets difficilement faire confiance à une adepte d’Hoar doublée d’une mort vivante mais votre bonne volonté m’a convaincu dit-il à l’intention de Kariya.
Je veux bien vous accorder le droit d’asile dans notre temple d’Arrabar au nom du Cercle Brisé de la Liberté à la seule condition que Cylwène vous accompagne.
Ma chère murmura t-il à l’intention de celle-ci, j’aimerais que nous discutions en privé, notre communauté du Chondath aurait bien besoin de vous, semble t-il…

Dans une autre salle du Cercle Brisé de la Liberté, dans laquelle se situait une fontaine de marbre blanc, dont l’eau avait pour propriété de guérir ceux souffrant physiquement pour Ilmater

-Je sais que vous ne donnez pas votre confiance à la légère, Cylwène, mais faites vous réellemnt confiance à cette Kariya ?
-Madmarik, cette jeune femme cherche à tout prix la vérité concernant et veut faire justice, bien qu’elle ait tendance à utiliser des moyens radicaux, sans aucun doute…
Mais notre devoir n’est-il pas avant tout d’aider les autres ?
-Pourvu que vous ayez raison, Cylwène…
Je dois cependant vous avertir d’un danger : les membres du temple d’Ilmater à Arrabar m’ont pour certains raconté qu’une étrange épidémie se répandait en ville, suffisamment pour effrayer les notables et la source de ce mal n’a pour l’instant pas été identifiée.
Avec vos compétences et celles de vos compagnons actuels, pourriez-vous faire la lumière sur cette sinistre affaire ?
-je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour aider nos compagnons d’Arrabar, je devrais pouvoir convaincre habilement mon mari et Kariya.
De toute façon, tout nous indique d’aller à Arrabar.
Que le Dieu Brisé nous vienne en aide, mon bon Madmarik.

Cylwène Alzuhrelan, Kariya et Parvraidral sortirent du temple en remontant l’escalier qu’ils avaient emprunté et se mirent d’accord pour un rendez-vous dans le Quartier des Marchands.

Le lendemain matin, alors que Lathandre peinait à pointer le bout de son nez sous un ciel brumeux, nos trois compères se tenaient devant la devanture de la boutique d’Androsyne, marchande amnienne de son état.
La porte était légèrement entre ouverte, même si aucun bruit ne parvenait de l’intérieur.
Las d’attendre qu’Androsyne se décide à attirer ses clients, ils se permirent d’entrer et un calme anormal les accueillit.
A cette heure de la journée, cette marchande aurait du commencer à aménager sa boutique de colifichets et balayer les détritus se trouvant devant chez elle, que des soudards noctambules avaient laissé là sans scrupule.
On voyait en revanche des bibelots plein de poussière sur les étagères et nulle présence d’objets magiques à vendre, d’où l’étonnement des trois visiteurs qui pensaient y trouver des pièces sujettes à des sortilèges d’abjuration ou de divination.
Rien, à l’intérieur de cette boutique, n’évoquait un quelconque commerce de ce type.
La porte située derrière le comptoir paraissait avoir été forcée et le couloir obscur qui le prolongeait n’avait rien d’engageant, en comparaison de la lumière du jour qui pénétrait par le biais de la vitrine.
-Bon, il faut se bouger, on ne va pas attendre les bras croisés que cette amnienne vienne à nous, peut-être est elle en train de cuver son dernier elverquist…s’exclama Parvraidral.
-Je ne crois pas qu’elle soit saoule, mon époux bien aimé.
En raison de l’état de cette porte, je suis convaincue qu’il y a eu une effraction ici.
Venez, Kariya, nous devons nous hâter, je pressens que quelque chose va nous échapper sinon…

Ils se précipitèrent tous les trois dans le couloir qui les conduisit vers une petite chambre attenante à une cuisine, où se trouvait Androsyne, le corps couvert de tâches violacés et peinant à respirer.
-Ne laissez pas cet abjurateur s’emparer du talisman d’Orfus, son cœur est mauvais et il veut supplanter ses concitoyens, ah seule Gellana connaissait son identité…
Je me suis laissée bernée comme la stupide vassale que je suis !
J’vous en supplie, veillez sur Arrabar pour moi !
J’ai servi Thay en mémoire de ma mère et à cause de moi, ce vil…
Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’elle était déjà morte.
La chopine de bière indiquait qu’il y avait eu un empoisonnement, mais de l’empoisonneur, nulle trace.
Ils eurent beau fouiller partout, aucun indice sur ce fameux talisman d’Orfus.
Ils en étaient pour leurs frais et seule leur restait la possibilité de se rendre dans le Chondath.
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