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Sébastien Baert

Interview Novembre 2009

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Bonjour Sébastien Baert, et merci d'avoir accepté de répondre à mes questions. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et décrire votre parcours professionnel, ce qui vous a mené jusqu'au métier de traducteur ?
Alors, je m’appelle Sébastien Baert et j’ai eu 40 ans cette année. J’ai toujours été un fan de jeux de rôles, de science-fiction et surtout de fantasy, et je le suis encore aujourd’hui. J’ai fait des études de Commerce international puis d’informatique, et après quelques petits boulots, j’ai décroché un poste de journaliste en presse musicale (rock et metal). J’ai naturellement démarré tout en bas de l’échelle, en saisissant les petites annonces des lecteurs et les dates de concerts à venir. Petit à petit, j’ai occupé des postes de plus en plus importants, jusqu’à devenir rédacteur en chef des magazines Rage et Hard-Rock Magazine, puis rédacteur en chef adjoint de Hard N’Heavy. Je suis resté dans cet univers pendant douze ans, et c’est ce qui m’a permis de faire des interviews, des voyages à l’étranger, etc. qui m’ont aidé à forger ma culture en langue anglaise .
Mais, durant l’été 2007, la société de presse pour laquelle je travaillais ayant été contrainte de mettre la clef sous la porte, je me suis tourné vers tout autre chose, et j’ai créé ma société d’assistance informatique à domicile (j’ai arrêté cette activité au bout d’un an, n’ayant plus suffisamment de temps à lui consacrer). Au même moment, j’ai eu l’opportunité de faire un test de traduction pour les Éditions Bragelonne, et il s’est manifestement révélé concluant. Donc, depuis deux ans, je traduis des romans pour Bragelonne et Milady.
J’ai commencé par « Dragons d’une nuit d’hiver », l’un des premiers tomes de la saga originelle de Dragonlance, dont je suis fan. J’ai ensuite traduit d’autres volumes de cette saga, j’ai participé à la traduction de « Serviteur de Cristal » et je me suis occupé de la BD « Terre Natale », en ce qui concerne Les Royaumes oubliés. Sinon, dernièrement, j’ai participé à la traduction des novellisations des films « Terminator : Renaissance », et « Star Trek ».
Les romans que j’ai préféré traduire, dans des univers très différents, sont « Rage » de David Moody (une histoire bien violente dans le monde d’aujourd’hui) et la saga des Chroniques d’Obsidienne, de Lawrence Watt-Evans (« Un Temps de dragon », « La Société du dragon » et, à venir, « Venin de dragon »). Voilà ma vie résumée en quelques lignes !

Vous êtes semble-t-il un fan de DragonLance, mais connaissiez-vous également Les Royaumes Oubliés avant de traduire certains romans et certaines BD de la collection ?
Je n’avais jamais lu de romans des Royaumes oubliés, mais je connaissais bien Faerûne (et Kara-Tur) grâce à AD&D. J’ai également joué à des jeux vidéos inspirés de cet univers (Eye of the Beholder, Baldur’s Gate, et d’autres, plus anciens, dont je ne me souviens plus du nom… (Pool of Radiance ?)) Ensuite, quand j’ai su que j’allais m’attaquer à des romans de Salvatore, je me suis un peu documenté sur Drizzt et sur les personnages qui gravitaient autour de lui. Je n’ai donc pas été complètement perdu en débarquant dans l’univers des drows, je maîtrisais déjà un peu le sujet.
Dragonlance et Les Royaumes oubliés sont deux univers très différents. Le premier est sans doute plus proche de l’idée qu’on se fait du « médiéval fantastique », et le deuxième laisse plus de place à l’imagination, à l’exagération même, parfois. Je trouve que c’est vraiment une réussite d’avoir pu distinguer à ce points deux univers pourtant inspirés par les mêmes bases.

Vous dites vous être documenté sur Drizzt et l’univers autour du personnage avant de traduire la Bande-Dessinée « Terre natale ». Aviez-vous lu le roman avant de traduire son adaptation en Bande-Dessinée, et si oui, cela vous a-t-il servi pour votre travail ?
Je n’ai pas vraiment lu « Terre Natale », mais je l’avais sous la main en faisant la traduction de l’adaptation en bande-dessinée. Chaque fois qu’un passage de la BD ne me semblait pas évident (il y a beaucoup de raccourcis dans la BD, forcément), j’allais jeter un coup d’œil au roman, histoire de ne pas faire de faux-sens, ou même, tout simplement, pour ne pas m’éloigner de l’esprit du roman. J’ai pris le parti de conserver un œil neuf sur l’histoire, pour que la BD soit aussi compréhensible que possible. Sans le roman sous la main, je pense que la traduction de la BD aurait été beaucoup plus difficile.

Vous aviez déjà traduit plusieurs romans avant de traduire la BD « Terre natale ». Est-ce que la traduction d’une BD se déroule de la même manière que celle d’un roman ?
Non, pas du tout. La BD est elle-même inspirée d’un roman, il faut donc qu’elle colle au récit, pour que ceux qui ont lu le roman s’y retrouvent. On ne peut pas employer un mot pour un autre, il faut plus de précision que pour un roman. C’est du moins ce que j’ai ressenti. De plus, dans la BD, chaque bulle a son importance. La place est comptée, et l’information doit être délivrée de façon très concise. À la limite, chaque phrase compte. Enfin, on est tenus par la place. On ne peut pas traduire une phrase courte en VO par une périphrase en français, sinon, on déborde de la bulle ! C’est sans doute ce que j’ai trouvé le plus difficile à faire, car, en anglais, on a souvent besoin de moins de mots qu’en français pour exprimer la même idée. Malgré mes efforts de concision, l’équipe de correcteurs de Bragelonne/Milady a fait un gros travail derrière moi pour tout faire rentrer au chausse-pied ! C’est en tout cas une expérience très intéressante.

Pour la collection de romans « Les Royaumes Oubliés », vous n’avez pour le moment participé à la traduction que de « Serviteur du cristal », qui était une reprise de la traduction de Michèle Zachayus faite pour Fleuve Noir il y a plusieurs années. Comment s’est passé votre travail sur ce roman ?
Ça a été un travail très minutieux. En fait, j’ai repris la VO phrase par phrase. Dès qu’il manquait un adjectif, une idée, un morceau de phrase dans la VF, je l’intégrais à la traduction originale. Il y a notamment de nombreux passages descriptifs et contemplatifs (quand le héros réfléchit à sa destinée ou se pose des questions sur lui-même) qui ont été sabrés lors de la première traduction, et la plupart des combats ont été résumés. J’ai donc repris tout ça, et j’en ai fait la traduction, pour que ce soit vraiment le texte intégral qui soit traduit. Il a également fallut faire attention au style, pour que les ajouts restent indécelables et dans la continuité du travail déjà effectué. Là encore, c’était un exercice assez différent de la traduction traditionnelle, et c’était une expérience intéressante.

Dans ce cas, pourquoi est-ce que le roman n’a-t-il pas simplement été retraduit, comme ça avait été le cas des précédents de la collection ? N’aurait-il pas été plus simple de refaire une traduction intégrale plutôt que de repartir d’une traduction partielle pour combler les manques ?
Pour deux raisons, il me semble. C’était à la fois une question de délais (ça prend moins de temps de compléter une traduction que d’en refaire une depuis le début), et, ensuite, il ne manquait pas dans la première traduction des chapitres entiers du texte anglais, comme c’était apparemment le cas pour les autres romans de la collection. À ma connaissance, c’est le seul qui a bénéficié de ce traitement, les autres ayant été retraduits d’un bout à l’autre.

Vous connaissiez l’univers des Royaumes Oubliés, mais pas les romans. Qu’avez-vous pensé de la collection, à travers les romans que vous avez traduits ?
J’ai trouvé que la collection mettait vraiment bien l’accent sur les particularités de cet univers. Comme je l’ai dit, on est assez loin de la fantasy plus classique de Dragonlance, par exemple, qui, elle est très proche du jeu de rôles. Depuis, j’ai lu quelques romans avec Drizzt (Terre natale, d’exil et promise) et j’y ai trouvé quelque chose de « différent ». De plus, Salvatore, l’auteur le plus connu des Royaumes Oubliés a un style bien à lui et une façon très originale de raconter les histoires. Je trouve qu’avec lui, on est plus proche de la littérature dite conventionnelle, avec un héros que l’on suit du début à la fin, plutôt qu’un groupe d’aventuriers. On sent également que l’univers possède une magie très présente. Elle n’est pas là « en plus », mais elle est quasiment la base de tout. Ça permet donc d’avoir des situations originales, d’autant que de nombreux personnages ont des particularités exceptionnelles, qu’ils mettent naturellement à profit. Ça donne une saga spectaculaire, dépaysante et, surtout, qui donne envie de lire la suite pour savoir ce qui va se passer !

Pour finir, avez-vous visité le site « Le Monde de Toril », et si oui, qu’en avez-vous pensé ?
Oui, quand on m’a demandé si je voulais répondre à quelques questions pour ce site, je suis allé jeter un coup d’œil, naturellement. Je le trouve très complet, avec les rubriques essentielles facilement consultables. L’univers y est très bien décrit. On y retrouve tout ce qui en fait la magie, avec ses héros, ses légendes, son histoire… les romans, les jeux vidéos et le jeu de rôles, et même des fonds d’écran et un écran de veille pour son ordi… bref, un site immanquable pour tout fan des Royaumes Oubliés qui se respecte !

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.
Merci de vous intéresser à mon travail !
Cette interview m’a donné envie de lire d’autres romans des Royaumes Oubliés !

- Interview effectuée par Morcar -

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