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27 Alturiak 1357 CV – 21 heures

Une flèche siffla à quelques centimètres de l’oreille de Vilario, et alla se ficher dans le mur en face de lui. Essoufflé par sa course, le jeune adolescent ne pouvait cependant pas s’arrêter, et devait puiser sur ses dernières forces pour continuer d’avancer. Derrière lui, il entendait le souffle de son oncle Arthus qui visiblement souffrait plus que lui. Fermant la marche, l’ami du jeune garçon, Shydane, protégeait les arrières des fuyards.
Poursuivis par des agents du Zhentarim, les trois hommes savaient très bien comment se terminerait leur course s’ils abandonnaient. Une autre flèche faillit bien arracher le lobe de l’oreille de Vilario, tandis qu’il tournait sur sa gauche au bout du couloir, toujours suivi par son oncle et son ami. Les trois compagnons courraient droit devant eux, sans plus savoir par où aller. Comment trouver la sortie de ce bâtiment ?
Le souffle court, ils s’arrêtèrent à l’embranchement suivant pour se reposer quelques secondes et retrouver leur souffle. Ils échangèrent quelques regards lourds d’inquiétude. Pas un seul ne parvenait à camoufler ses craintes quand à ce qui allait suivre. Le regard de Vilario passa de son oncle à Shydane, cherchant chez eux un peu de réconfort, mais à quoi bon se mentir ?
Déjà, des bruits de pas se faisaient entendre dans le corridor par lequel ils venaient de passer. Leurs poursuivants n’étaient pas prêts d’abandonner leur traque.

Pas le temps de traîner ! Vilario fit signe à ses deux compagnons de le suivre, et ils reprirent une fois de plus leur course aveugle, ne sachant toujours pas dans quelle direction aller. Le jeune adolescent priait Tymora de l’aider, de le mener vers une sortie. Il n’avait jamais été adepte de cette divinité, mais il espérait qu’elle entendrait cependant sa prière et qu’elle se tournerait vers lui. La veine n’avait jamais vraiment sourit au jeune homme, depuis sa plus tendre enfance, et il souhaitait que la dame de la chance se préoccupe enfin de son cas.

Shydane entendit une personne armer une arbalète dans son dos, et très rapidement le déclic significatif annonçant le départ du carreau résonna dans ses oreilles

- Attention ! cria-t-il pour prévenir ses compagnons du danger imminent.

Mais il était déjà trop tard. L’homme vit soudain Arthus s’écrouler au sol, un trait fiché dans le dos...


Ecrit par Morcar
D'après une idée de : Morcar

25 Alturiak 1357 CV – 4 heures

Arthus Cramgon dormait paisiblement depuis plusieurs heures, se reposant de sa dure journée de travail dans la ferme qu’il avait achetée vingt ans auparavant dans la campagne d’Eauprofonde. En cette période hivernale, il appréciait d’autant plus le confort sommaire de sa couchette et ne mettait jamais longtemps à trouver le sommeil. Une autre journée de travail l’attendait déjà le lendemain.
Mais le plus dur était passé. Voilà plus de treize ans qu’il avait pris en charge son neveu orphelin, Vilario. Les premières années avaient été difficiles, l’homme devant gérer seul sa ferme et le bébé. Mais dès que Vilario fut en âge d’apporter une quelconque aide à son oncle, celui-ci avait été mis à la tâche, s’occupant d’abord des travaux plus faciles pour ensuite prendre en charge des actions plus importantes. Aujourd’hui, l’adolescent qui allait sur ses quinze ans aurait pu gérer seul la ferme si jamais il arrivait quelque chose à son oncle.

La nuit était calme, et rien ne vint troubler le sommeil d’Arthus. Pourtant à l’extérieur, plusieurs ombres se faufilaient autour de la demeure… Tandis que certaines tournaient autour de la ferme, sans doute pour vérifier que personne ne se trouvait dehors, d’autres se glissaient sans bruit dans le bâtiment.
Arthus fut soudain réveillé en sursaut par une main qui le saisit violemment et le tira avec autant de douceur de son lit, faisant voler la couverture qui le recouvrait. Tout alla alors trop vite. Dans l’obscurité, Arthus ne parvint pas à distinguer les traits de son agresseur qui le tira à l’extérieur de la maison. Il ne put dire si c’était le froid extérieur ou l’angoisse de ce qui lui arrivait qui lui glaça les os, mais toujours est-il qu’un frisson parcourut le dos de l’homme qu’on mettait à genou dans la terre tandis qu’il observait d’autres hommes brandissant des torches enflammées qu’ils s’apprêtaient à jeter sur la toiture de sa ferme.

- Où est l’enfant ? demanda alors celui qui le retenait au sol.
- De quoi parlez-vous ? demanda Arthus.
- Ne fais pas l’idiot ! Nous voulons l’enfant ! Dis-nous où il se trouve !


L’épaule du fermier, que son agresseur serrait de toutes ses forces lui faisait affreusement mal, le forçant à se plier sur le côté. Arthus eut un moment d’hésitation. Pourquoi lui demandaient-ils où se trouvait Vilario ? Ils avaient du fouiller la ferme sans doute. N’était-il pas lui aussi dans son lit à dormir tranquillement ? A moins que l’adolescent n’ait senti le danger et ne se soit enfui sans avoir le temps de prévenir son oncle ?
Impossible ! Le jeune garçon n’aurait pas fait ça. Il n’aurait pas ainsi laissé son tuteur. Pourtant, si c’était le cas, Arthus ne lui en voulait même pas. Il décida alors de jouer la carte de la naïveté.

- De quel enfant parlez-vous ? Je vis seul ici.
- Je viens de te conseiller de ne pas te moquer de moi, siffla l’agresseur en intensifiant la pression de sa main sur l’épaule du fermier. Réponds-moi ! hurla-t-il ensuite. Où est l’enfant ?!!
- Je ne sais pas de quoi vous parlez.


Le chef du groupe de bandits fit un signe à ses hommes qui lancèrent alors leurs torches sur la bâtisse dont la toiture de chaume s’enflamma immédiatement sous les yeux noyés de larmes de son propriétaire. Toute sa vie allait s’envoler en fumée devant lui. Tous ses efforts. Qu’allait-il lui rester ?

- Te voilà maintenant sans maison, lui lança alors le brigand. Mais tu peux encore sauver ta vie en répondant à ma question.
- Je ne comprends pas. J’ignore de quoi vous…


Arthus n’eut pas le temps de terminer sa phrase. De rage, le brigand l’assomma d’un violent coup de poing au visage, et le fermier s’écroula dans la boue, sur le sol, sous le ciel illuminé par les flammes qui rongeaient la ferme.

- Emmenez-le, ordonna le chef. Il parlera, je peux vous l’assurer.

Sur ces mots, quelques membres de son équipe relevèrent le fermier et l’emportèrent avec eux, suivi de leur chef, tandis que deux autres brigands refaisaient un tour de la propriété pour vérifier que rien ne leur avait échappé.

*
* *



Vilario Cramgon rentrait chez lui après son entraînement nocturne bihebdomadaire. Depuis sept ans bientôt, le jeune homme s'éclipsait de la propriété de son oncle, qui l'élevait depuis plus de treize ans, pour aller rejoindre son ami Shydane et s’entraîner au combat durant la nuit. Pas même les rigueurs de l’hiver n’auraient réussi à retenir le jeune adolescent qui ne manquait aucun de ces rendez-vous secrets.
La faible lumière des quelques étoiles qui parsemaient le ciel cette nuit là n’arrivait pas à percer la voûte des branches d’arbre de la forêt de sapins que traversait Vilario, mais il connaissait son chemin par cœur, et ne craignait pas de se perdre. Son oncle lui avait interdit de voir ce rôdeur qui traînait dans les bois, si bien que le jeune garçon s’était vu obligé de s’enfuir deux fois par semaine pendant la nuit, en secret, pour retrouver son ami.
Son oncle avait tendance à trop le protéger depuis toujours. Il faut dire que la chance n’avait pas sourit à Vilario, et ceci dès son plus jeune âge. Même si Arthus préférait toujours éviter le sujet, devant l’insistance de l’adolescent, il avait fini par lui raconter ce qui était arrivé à ses parents.

Il y avait de cela plus de treize ans, un groupe de brigands avait attaqué la propriété d’Angus Cramgon, le frère d’Arthus, et avait assassiné le père et la mère de Vilario. C’est par un heureux hasard qu’Arthus avait souhaité rendre visite à son parent ce jour là, et était arrivé sur les lieux quelques temps après le massacre.
Il avait découvert une maison ravagée, au milieu de laquelle gisaient les deux corps des victimes, mortellement silencieuses, tandis que leur bébé pleurait à pleins poumons, seul signe de vie ayant subsisté à la tuerie. Sans cette visite impromptue de son oncle, l’enfant serait sans doute mort de faim, et son cadavre aurait été découvert quelques jours plus tard avec ceux de ses géniteurs.
Sans hésiter une seconde, Arthus avait pris le bébé avec lui, l’avait amené jusqu’à sa ferme, et l’avait élevé comme son fils. Vilario avait d’ailleurs toujours considéré son oncle comme son propre père. Comment pouvait-il penser autrement alors que cet homme était celui qui lui avait tout appris ?

Sauf la technique du combat à l’épée… Car le fermier n’avait jamais voulu apprendre à son neveu à se battre. Pourtant nombre de personnes disaient qu’il était important de savoir se défendre contre tout type de créatures. C’est ainsi que quand Shydane proposa à son jeune ami, alors âgé de presque huit ans, de lui apprendre à manier épées courtes, longues, rapières, katanas et dague, Vilario n’avait pas hésité une seconde et contre l’avis de son tuteur, avait retrouvé régulièrement le rôdeur pour qu’il lui enseigne tout ce qu’il savait dans l’art du combat à l’épée.

L’adolescent rentrait donc d’une de ces séances d’instruction quand il remarqua une lumière étrange qui illuminait le ciel droit devant lui. Il avança alors d’un pas mal assuré, intrigué par ce phénomène étrange, et resta bouche bée lorsqu’il arrivé à l’orée du bois et se trouva face à ce spectacle de désolation : la ferme de son oncle était en flammes, et Arthus se trouvait à genoux à terre.
Vilario était comme paralysée. Que voulaient ces hommes ? Pourquoi le destin s’acharnait-il encore sur lui ainsi ? Lorsque soudain, un homme frappa son oncle au visage, et le laissa s’écrouler par terre, l’adolescent se prépara à bondir, pour protéger son tueur, mais une main l’attrapa et le tira violemment en arrière, tandis qu’une autre sur sa bouche l’empêcha de crier…

*
* *



Depuis des années, Shydane Estaris se tenait à l’écart de toute civilisation, vivant dans les bois non loin d’Eauprofonde. Pendant bien longtemps, il n’entra en contact avec aucun être humain, vivant en ermite, reclus, seul.
Jusqu’au jour où il avait rencontré cet enfant, perdu dans les bois, et l’avait aidé à retrouver sa maison. A partir de ce moment là, il revit régulièrement l’enfant qu’il entraîna au combat et qu’il vit grandir au point de finir par le considérer comme son fils, ou tout du moins comme son meilleur ami. C’était d’ailleurs son seul ami, et ceci était réciproque étant donné que l’oncle du jeune garçon empêchait ce dernier d’entrer en contact avec quiconque.

Cette nuit là, alors qu’il avait laissé Vilario repartir chez lui, un curieux pressentiment le poussa à suivre son ami. Etait-ce un don conféré aux rôdeurs que d’avoir ainsi une intuition qui tombait souvent juste ? Toujours était-il que celles que Shydane ressentaient de temps en temps s’étaient toujours trouvées avérées. Aussi, cette fois ci, il fit confiance une fois de plus à son impression et prit lui aussi la route qui menait à la ferme d’Arthus Cramgon.

Lorsqu’il aperçut Vilario immobile devant le triste spectacle offert à ses yeux, de la ferme où il avait toujours vécu en flammes, il eut une fois de plus la preuve que ses pressentiments tombaient toujours juste. D’un coup d’œil rapide, le rôdeur repéra au moins cinq hommes autour du bâtiment, des hommes qui visiblement semblaient très bien coordonnés.
Lorsque l’adolescent faillit bondir en direction des bandits, sans doute avec l’intention de tenter tout ce qu’il pourrait pour libérer son oncle, Shydane le retint alors de toutes ses forces en l’attrapant par le dos et en l’empêchant de crier. En se jetant ainsi sur ces ombres, le garçon signerait sa perte, et finirait sans doute égorgé ou les tripes à l’air, allongé au milieu du champ, près de la ferme en flammes. Il s’était senti obligé de l’empêcher de faire une telle erreur.

- Chuuuut, fit-il dans le dos du jeune garçon.

En tournant la tête sur le côté, Vilario découvrit le visage de son ami, devinant alors qu’il l’avait suivi jusqu’ici. D’un geste du menton, le rôdeur fit signe à son ami de regarder en direction de la ferme.
Dans la lumière des flammes, l’adolescent remarqua alors plusieurs silhouettes qui soulevèrent son oncle et l’emmenèrent avec elles. Vilario se débattit tant qu’il pouvait pour se libérer de l’étreinte de Shydane, mais le rôdeur tenait bon. Le garçon aurait voulu saisir l’épée qui pendait à la ceinture de son ami, et se ruer sur ceux qui attaquaient son oncle, mais la force qui le retenait était plus forte que celle qui l’animait.
Sous ses yeux, le groupe de brigands s’éclipsa en emmenant avec lui celui qui avait sacrifié toute sa vie pour lui. Et aujourd’hui qu’il pouvait le lui rendre, celui qu’il croyait être son ami l’en empêchait.
Tandis que le groupe avait disparu, un dernier membre de celui-ci semblait faire un ultime tour de la propriété pour vérifier sans doute qu’ils n’avaient rien oublié après eux. Lâchant alors Vilario, le rôdeur bondit en direction du retardataire et traversa l’esplanade qui le séparait du brigand à une telle vitesse que le bandit eut juste le temps de brandir une longue épée pour parer le coup que Shydane avait lancé.

Impuissant, l’adolescent assista au combat qui opposait les deux hommes. Derrière eux, les flammes qui ravageaient les restes de la ferme illuminaient le ciel, tandis que résonnaient les fracas de métal des deux armes qui s’entrechoquaient. L’attaque basse que tenta Shydane passa à deux centimètres du ventre de son adversaire qui avait reculé à temps, évitant de se retrouver les tripes à l’air. La suivante blessa le brigand à l’épaule gauche. Mais ce dernier ne s’avouait pas vaincu pour autant et tenta une attaque sournoise que Shydane évita de peu, manquant tout juste de perdre un bras dans l’action.
Le combat sembla alors tourner à l’avantage du brigand qui multiplia les attaques, ne laissant aucunement le temps au rôdeur de construire une défense solide. Ce dernier bondit soudain sur le côté pour éviter une attaque haute, roulant sur le sol et se réceptionnant sur ses deux pieds, à droite de son adversaire. Pris de vitesse, le brigand ne put éviter le coup fatal qui le décapita net, sa tête allant rouler dans l’herbe tandis que son corps, restant debout encore quelques secondes, s’écroula enfin dans un bruit mat.

Vilario était resté paralysée pendant le combat, mais la fin heureuse de celui-ci lui donna la force de se lever et de courir vers la ferme où il retrouva son ami qui inspectait le corps de celui qu’il venait d’abattre.

- Que cherches-tu ? lui demanda l’adolescent.
- Un signe. N’importe quoi qui pourra nous mettre sur la piste de ton oncle.


En entendant ces paroles, le jeune garçon fut soulagé. Ainsi, son ami ne l’avait pas retenu pour abandonner Arthus, mais parce qu’il savait qu’à eux deux ils ne pourraient rien contre ces bandits. A présent, le rôdeur semblait décidé à retrouver ceux qui avaient brûlé la propriété de l’oncle de Vilario.

- Un signe ? demanda-t-il. Mais quel signe ?
- Je ne sais pas. N’importe quoi qui…


Soudain, Shydane s’arrêta net et montra du doigt quelque chose sur la tenue de l’homme qu’il venait de retourner.

- Ca… C’est ça ce que je cherchais…

Sur les vêtements noirs du bandit était cousu un Z jaune...

Episode 1 - Evasion
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