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25 Ches 1357 CV - 00h00

Edegar était descendu comme à son habitude dans les égouts. Souvent, il était à la recherche de colifichets tombés par les grilles. Parfois, il tombait sur des pièces d’or ou des bracelets, surtout dans ce secteur des égouts, parfois emprunté pour aller à la Sirène Rougissante. Les nobles de la ville appréciaient d’aller discrètement dans cet établissement, et il leur arrivait de laisser choir de menus objets. Une splendide bague attira le regard du maraudeur par le jeu de lumières irisées des pierres serties. Il se pencha pour la ramasser, lorsqu’il entendit venir du lointain, amplifié par la voûte, l’eau stagnante dérangée par une course-poursuite effrénée. Un bruit de cavalcade qui n’avait rien à voir avec la fuite des rats lors de la patrouille des égoutiers. Il se saisit vivement de la bague et se cacha dans un recoin sombre.

- Dépêche-toi, Vilario ! fit Ladril
- Et Shydane ? Glorthik et Dwalgnar ? Comment vont-ils nous retrouver ?
- Ne t’inquiète pas, Shydane nous retrouvera.


Vilario commençait à avoir un point de côté et le souffle lui manquait. Ladril semblait connaître les égouts comme sa poche. Vilario pensait qu’il ne saurait pas retrouver son chemin dans pareil dédale sans la voleuse. Mais sa vie en dépendait. Il repensait aux paroles de Kelddath, à Berégost. Maintenant qu’il avait le livre, il pourrait aller consulter le journal de son père et en apprendre plus sur cet « anneau de fournaise ». Ladril fit signe à Vilario de s’arrêter. Elle sortit vivement un passe-partout et ouvrit une porte métallique, cachée dans un recoin. Le jeune homme s’engouffra vivement dans la nouvelle galerie, suivi par Ladril, qui referma la porte sans bruit. La voleuse avança doucement, la galerie était à sec. Vilario suivait sans trop comprendre. Il lui semblait entendre de la musique, des éclats de voix.

- Ecoute, Vilario, nous arrivons à l’auberge de la Sirène Rougissante. C’est … un lieu de réjouissances, mais on peut aussi s’y cacher facilement. Je connais plusieurs des filles. Je ne crois pas que nos ennemis se risquent à attaquer un lieu aussi connu.
- Et les autres comment vont-ils nous retrouver ? demanda Vilario, de plus en plus inquiet.
- Shydane connaît mes habitudes, et il a aussi fréquenté cet endroit avant son départ.
- J’ai l’impression de ne pas réellement connaître Shydane. Depuis que nous avons quitté Elgastor, je ne sais plus réellement à qui me fier.
- Shydane ne t’a jamais raconté qui il était, avant son exil dans la forêt, si je comprends bien. dit Ladril. Allez viens, suis-moi maintenant.


Ecrit par Arwald
D'après une idée de : Morcar

25 Ches 1357 CV - 00h05

Pendant ce temps, Melrod et Ystir essayaient de suivre tant bien que mal les deux fuyards. La doppleganger pensait que Ewun aurait été plus utile maintenant pour pister Vilario. Ils parcouraient les collecteurs, sans trouver de traces de Vilario et Ladril.

- Tout se ressemble ici… comment on va les retrouver, tu as une idée, Melrod ?
- Sans compter que ça résonne ici. On ne sait pas d’où viennent les bruits.


Ystir repartit à toute allure dans les égouts. Melrod le suivit. Elle vit quelqu’un qui se cachait. Edegar, voyant arriver Melrod, tenta de s’enfuir. Ystir entendit du bruit. Il se retourna et vit Melrod avec un homme. Elle tenait le pauvre Edegar.

- Dis, aurais-tu vu passer un jeune homme et une femme encapuchonnée ? demanda Melrod.
- H h h h h h h h h h …bégaya Edegar.
- Qu’est-ce qui se passe, je te fais peur, c’est ça ? fit Melrod.
- Tu vas parler, ou je suis obligé de te faire mal ? hurla soudain Ystir.
- J je les… je le… je les ai vu papapa…papapa…
- Papapa… papapa quoi ! s’impatientait Ystir.
- Papasser dit soudain Edegar.
- Dans quel direction ?
- P p p p papar là ?
- Ce collecteur ? demanda Melrod.
- N n n n non, papapapa pas par là. Ce cece… celui-là.
- Grrrrr ! tu m’énerves, espèce de lâche ! Tu ne peux pas arrêter de bégayer ? tu vas nous montrer le chemin ! fit soudain Ystir en tirant violemment le bras.
- Lâ… lâ… lâchez-m … m … moi, sa…sasa… sale brute.


Edegar tremblait comme une feuille. Ystir lui faisait mal au bras, qu’il serrait très fort. Il marchait vite, poussé par les Zhents.

25 Ches 1357 CV - 00h30, Taverne de la Sirène Rougissante

Vilario et Ladril étaient assis à une table discrète, cachée dans un salon reculé de la Sirène Rougissante. Ladril continuait à raconter ce qu’elle savait de Shydane à Vilario.

- Je suis inquiet, Ladril.
- Fais confiance à ton ami Shydane. Il s’est déjà sorti de situations pires. L’avoir avec soi est mieux que de l’avoir contre soi, je peux te le garantir...


Vilario se demandait bien ce que Ladril savait de Shydane. En lui-même, un duel se jouait. Qui était Shydane ? Pourquoi ne lui avait-il jamais parlé de son passé ? Et quelles blessures cela cachait-il ? Vilario s’expliquait déjà mieux le caractère renfrogné de son ami, sans que cela ne le rassure vraiment.

- Et comment on va faire pour retrouver nos compagnons ?demanda Vilario
- Rassure-toi, je connais quelques filles, ici. S’il y a du nouveau, elles me préviendront. Ici, on va pouvoir souffler. Je doute que nos poursuivants arrivent jusqu’ici.

*
* *

Shydane était toujours inconscient au sol. Ewun gardait un œil sur lui, considérant qu’il était le plus dangereux du groupe. Dwalgnar se tenait la poitrine, là ou Melrod avait enfoncé sa lame. La garce avait tourné sa dague comme une clé dans une serrure. La plaie était relativement vilaine, large et profonde et commençait à suppurer. Glorthic était toujours tenu sous la menace d’une lame.

- Eh, qu’est-ce qui se passe ici ? Rendez vous ! cria soudain une voix forte.


Tous tournèrent la tête vers l’origine de la voix. Glorthic réagit en un éclair. Le Zhent qui le tenait avait relâché une fraction de seconde sa garde, sous le coup de la surprise. D’un uppercut, le gantelet métallique cueillit le Zhent en pleine mâchoire. Le ruffian s’effondra sonné, la mâchoire fracturée. Les deux extrémités de la rue étaient bouchées par des membres du Poing Enflammé. Ewun, d’un bond leste, disparut dans les jardins du manoir. Glorthic, malgré le handicap que pouvait représenter son équipement, partit à sa poursuite. Arun, encombré par Shydane, ne pouvait esquisser le moindre mouvement. Dwalgnar s’était effondré, vaincu par la douleur causée par sa blessure. Des gardes s’étaient approchés et empêchaient toute tentative de fuite. Arun était tenu en joue par plusieurs hommes, lourdement armés

- Qu’est-ce que nous avons là ? demanda celui qui semblait être le chef du détachement.
- On dirait une bagarre qui a mal tournée, capitaine. Le nain semble avoir une vilaine blessure, l’homme à terre est juste assommé. L’autre a la mâchoire fracturée. Et vous, que faites-vous là ? demanda le soldat en s’adressant à Arun.
- Je suis marchand, et ces bandits nous ont lâchement attaqués ! lâcha Arun. Regardez ce qu’ils ont fait à mon garde du corps, dit-il en désignant le Zhent démantibulé au sol.
- De toutes façons, nous allons vous emmener au fort. Dès que tout le monde sera sur pied, à ce moment là, nous vous écouterons chacun. Allez les gars !

*
* *

Melrod et Ystir ne trouvaient plus de traces de Ladril et Vilario. Edegar tremblait comme une feuille et n’arrivait plus à parler de manière intelligible, tellement il bafouillait.

- On ne va rien pouvoir tirer de plus de ce crétin. Lâche-le, Ystir. Et ne le tue pas, cette fois-ci. Mieux vaut être discrets, dans cette satanée ville.
- Et on fait comment pour retrouver Arun et les autres ?
- On se sépare, on sort chacun par une bouche différente, et on se retrouve à proximité du manoir.


Arrivés à une intersection, Melrod et Ystir se séparèrent.

*
* *

Melrod avançait dans le collecteur, en essayant de refaire le chemin parcouru depuis le manoir. Elle entendit un bruit de pas. D’un geste, elle se rendit invisible. Le bruit de pas se rapprochait. Elle entendait distinctement la cadence régulière des pas. Une seule personne, leste, marchant rapidement mais semblant à la recherche de quelque chose. Une silhouette se dessina à l’angle du collecteur. Melrod reconnut Ewun. Elle décida d’aller à sa rencontre. Retrouver Vilario serait plus facile avec Ewun qu’avec ce lourdaud d’Ystir.

- Melrod ! je suis content de te trouver. Faut qu’on reste ici, le plus longtemps possible.
- Qu’est-ce qui se passe là-haut ?
- Le Poing Enflammé est intervenu. Arun s’est fait arrêter.
- Et les autres guignols aussi, je suppose. Tant mieux, je préfère ne pas les savoir à nos trousses.
- Pas tous. L’un des deux nains est à ma poursuite. Il a brisé la mâchoire de Bregan.
- Lequel des deux ? s’inquiéta Melrod
- Pas celui que tu poursuivais, l’autre, le combattant. Faudra qu’on fasse gaffe.
- Les égouts sont vastes, il ne nous retrouvera pas comme ça. Par contre, j’ai perdu la trace du morveux.
- Et Ystir ? Où est-il ?
- On s’est séparé. Il est en route pour rejoindre Arun.
- Mais ne faudrait-il pas qu’on le prévienne ?
- Non, laisse-le. On doit retrouver le gamin au plus vite.


Melrod montra à Ewun le dernier endroit où elle avait vu Vilario. Elle ne semblait pas inquiète pour Ystir, au contraire. Après tout, si Ystir venait à disparaître, elle ne serait pas accusée du meurtre. Secrètement, elle souhaitait la mort de son rival au sein du Zhentarim. Melrod craignait plus Glorthic que tout autre, presque autant qu’elle craignait Shydane. Elle n’aurait pas réussi à le faire parler comme avec Dwalgnar. Et surtout, elle savait qu’il faudrait d’abord le vaincre avant de le faire parler. La doppleganger l’avait vu à l’œuvre. Un rude combattant, opiniâtre et costaud. Et la blessure qu’elle avait infligée à Dwalgnar risquait fort de rendre enragé Glorthic.

Episode 8 - La gerbe sombre - 2ème partie
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